Gaëlle Perrin-Guillet est une voyageuse temporelle. Après s’être penchée sur le passé, elle se tourne vers le futur avec La régulation. Du polar victorien, elle avait déjà glissé vers la dystopie matinée de SF en changeant le passé dans Temporis. La voilà qui pousse le curseur bien en avant, trois siècles après l’Effondrement.
Un monde à réguler
Les Hommes ont détruit leur planète, la nature s’est vengée et a rayé de la carte le monde tel que nous le connaissons. L’histoire se déroule dans une enclave protégeant de l’extérieur, où vivent certains survivants selon des règles de société qui ne sont plus les nôtres. Les DIX dirigent ce microcosme, chacun devant se montrer utile au bon fonctionnement du système.
Jusqu’au moment où est lancée une nouvelle Régulation : des femmes et des hommes sont désignés, anonymement, pour tuer une liste de personnes, avec comme objectif de permettre à cette communauté de ne pas trop se multiplier.
Young Adult ?
Ambiance Hunger games totalement assumée, même si personne ne meurt de faim dans cette histoire, ce qui me permet d’indiquer un point important : Gaëlle Perrin-Guillet est une lectrice assidue de romans Young Adult. Loin d’être de la sous-littérature, elle recèle nombre de pépites, dont la série susmentionnée. Avec des auteurs qui souvent osent et bousculent leurs lecteurs.
A mon sens, même s’il n’est pas présenté ainsi, ce roman a des accointances avec cette mouvance. Mais au diable les catégorisations, tout le monde peut se passionner pour ce genre de récit !
A l’essentiel
Ce récit ne contentera peut-être pas totalement les die hard fans de SF, les spécialistes qui ont déjà tout lu. L’autrice vise un public large, a développé une dystopie qui s’appuie sur des bases connues, et est allée à l’essentiel en s’appuyant sur ses personnages. En racontant de manière fluide et rythmée un moment clé de cette société, un point de bascule.
Ceux qui aiment se projeter vers un futur déréglé, tout en lisant des aventures qui s’appuient sur l’humain, à travers un récit tendu comme un thriller, prendront du plaisir à lire ce roman assez court.
Terrain de jeu
La dystopie est à la mode, mais c’est surtout un formidable terrain de jeu pour développer des intrigues, divertir en se faisant un peu peur, tout en faisant passer quelques messages. L’autrice maîtrise ces différents aspects, à l’image de l’introduction, et a su construire une vraie histoire avec une fin renversante.
Gaëlle Perrin-Guillet est comme un poisson dans l’eau dans cet univers dystopique, dans ce monde qui se noie. La régulation est un divertissement intéressant, plein de surprises, et qui fait également sens.
Yvan Fauth
Sortie : 07 mai 2024
Éditeur : Fleuve
Genre : Dystopie
Prix : 19,90 €
4ème de couverture
Quelque part dans le monde en 2300.
Une enclave entourée de murs abrite les survivants d’un cataclysme. Coupés du monde, ils vivent en autarcie dans une société gérée par Les DIX, des mystérieux dirigeants que personne ne voit en dehors des écrans qui tapissent les murs de la ville.
Afin de ne pas surpeupler l’enclave, les DIX ont mis en place la Régulation : 8 régulateurs qui reçoivent une liste de 4 noms.
Quatre personnes à abattre. Sans se faire tuer à son tour. Car devenir régulateur c’est voir son nom s’afficher sur une autre liste.
Une seule règle : ne jamais dévoiler qu’on est un régulateur.
Un seul résultat : tuer ou être tué.
Quand le lancement de la régulation est annoncé sur les écrans de la ville, la population sait qu’elle peut être chassée. Et la peur s’installe.
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Catégories :Littérature

Suis pas certaine que ce soit mon genre de lecture, mais merci à toi pour la chronique 🙏 😘
Il faut parfois savoir ouvrir son horizon, même vers le futur 😉
Je m’attendais à ce genre de réponse venant de toi. C’est vrai que le pitch est intéressant. Ma whislist va finir par me mordre 😂
Je suis sûre que ça plairait beaucoup à nombre de mes élèves. Et moi-même j’apprécie aussi le genre, de temps en temps,quand c’est bien traité.
ça me tente bien, merci pour ta chronique…. je note ! 🙂