1 livre et 5 questions pour permettre à son auteur de présenter son œuvre
5 réponses pour vous donner envie de vous y plonger
JULIEN SANDREL
Titre : Beaucoup d’amour et quelques cendres
Editeur : Calmann-Lévy
Sortie : 02 mai 2024
Lien vers ma chronique du roman
Tu nous emmènes cette fois dans un mystérieux jeu de piste, avec une idée de départ comme un clin d’œil à Agatha Christie…
C’est un peu plus qu’un clin d’œil, et c’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai mis une citation d’Agatha Christie en épigraphe. J’ai découvert les romans de la reine du mystère à l’adolescence, et depuis que j’ai commencé à écrire, je me suis toujours dit qu’un jour j’aurais envie d’en emprunter certains codes et de construire une intrigue « à la » Agatha Christie. Dans ce roman, toute la première partie est ainsi une mystérieuse chasse au trésor dont les apparences se fissurent peu à peu… J’espère que le lecteur se posera mille questions, et qu’il ira de surprise en étonnement.
Je n’avais en revanche pas envie d’écrire un thriller ou un polar, donc tout l’enjeu pour moi était d’amener ces ingrédients ludiques de suspense et de mystère dans mon univers. Dans la deuxième partie, tout s’éclaire évidemment, dans tous les sens du terme : les enjeux deviennent purement humains, émotionnels. Avec beaucoup d’amour… et quelques larmes, d’après les premiers retours de lecture !
» … je pense profondément qu’il y a de la lumière partout, y compris dans les recoins les plus sombres de nos existences… «
Des vies difficiles voire brisées de tes personnages tu fais jaillir une lumière, c’est aussi là ton message…
Ça c’est quelque chose qui traverse tout ce que j’écris. Je crois que je ne suis pas capable de voir la vie de manière complètement noire. Je développe à chaque fois des personnages complexes, qui ne sont – à mon sens – pas manichéens, mais puisque je pense profondément qu’il y a de la lumière partout, y compris dans les recoins les plus sombres de nos existences, je la cherche, quoi qu’il arrive. Parfois c’est un grand soleil, parfois un fragile rayon, mais il y en a toujours, c’est vrai. Dans un enterrement, il y a souvent des éclats de rire irrépressibles. Moi je les aime, je les chéris, ces effractions de joie, alors je les intègre dans ce que j’écris.
Tu réserves (à nouveau) de grandes surprises aux lecteurs…
J’espère bien 🙂 En tant que lecteur, j’aime être surpris. J’aime ne pas avoir tout compris dès le début. Et quand je me fais carrément balader, quel plaisir ! Cette chasse au trésor semble à la base tout ce qu’il y a de plus honnête et simple…
En réalité c’est loin d’être le cas, et j’ai essayé de faire en sorte qu’on n’en connaisse TOUS les tenants et aboutissants qu’à la fin. Cette notion de plaisir de lecture liée aux rebondissements, retournements de situation ou secrets, je fais au mieux pour la distiller dans chacun de mes livres, mais dans ce roman–là, c’est au cœur–même du projet…
» C’est un roman dans lequel les personnages ont tous des secrets, des choses à cacher aux autres «
Le ton du début du roman peut surprendre quand on connaît tes précédents romans, car écrit à la 3ème personne…
Alors ça n’a l’air de rien car de nombreux auteurs écrivent à la 3ème personne, mais pour moi c’est une grande première. Mes six premiers romans sont écrits au « je » et au présent, y compris quand il y a plusieurs narrateurs. Celui–ci est écrit au passé et à la 3ème personne, parce que c’était une nécessité pour raconter l’histoire comme je le souhaitais. J’ai six personnages, qui ont quasiment la même importance, alors il fallait trouver un moyen de les mettre sur un pied d’égalité pour le lecteur, ce que permet la 3ème personne. Et surtout, c’est un roman dans lequel les personnages ont tous des secrets, des choses à cacher aux autres. Or, à la 1ère personne, c’est impossible de dissimuler au lecteur trop d’éléments sans qu’il se sente trahi, floué 😉 La 3ème personne, au contraire, permet à l’auteur de cacher absolument tout ce qu’il veut 🙂
As-tu puisé dans tes propres souvenirs pour raconter ce road trip ?
Oui, mais pour les décors seulement : soyons clairs… une fois le roman lu, si des lecteurs se posent la question d’une inspiration familiale concernant les événements décrits, la réponse est non et c’est sans doute préférable ! Pour ce qui est de la Californie, j’ai eu la chance d’y vivre plusieurs mois lorsque j’étais en stage scientifique à l’Université de Davis / Berkeley. C’était l’été, et les week–ends, nous partions visiter San Francisco, la côte, les parcs nationaux comme Yosemite…
Mais au–delà de ça, si on voyage beaucoup dans ce roman, c’est parce que voyager provoque d’après moi deux effets bien distincts, très cohérents avec cette histoire. Le premier, c’est la sortie de sa zone de confort, une déstabilisation, un malaise qui colle très bien à la première partie du livre. Et la seconde, c’est bien sûr la dimension d’émerveillement, d’ouverture au changement et de joie… qui va parfaitement avec la deuxième partie !
Crédit photo : © Bruno Levy
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Catégories :Interviews littéraires

Merci à vous deux pour ce bel échange 🙏 😘
Je me répète, mais toujours aussi intéressant ! Merci à vous deux pour cet échange. 🙂
Un entretien très intéressant, comme toujours.
Merci !