Interview – 1 livre en 5 questions : Abîmes – Sonja Delzongle

SONJA DELZONGLE

Titre : Abîmes

Editeur : Denoël

Sortie : 09 février 2022

Lien vers ma chronique du roman

Décidément, tu aimes les ambiances glacées (et glaçantes)…

En effet, comme dans Boréal en tant qu’auteure, mais aussi dans Glacé de Bernard Minier, lorsque je redeviens lectrice, le temps d’un livre. Egalement dans les écrits de Jack London, les récits de montagne, Premier de cordée de Frison-Roche, les expéditions polaires, Paul Emile Victor, Horn…

C’est un univers propice aux huis-clos que j’affectionne particulièrement pour ce qu’ils révèlent de l’être humain, propice aux peurs, aux frissons, aux mystères et à l’aventure et soulevant la question de la survie dans un milieu extrême, inconnu et qu’à part ses propres peurs, on ne peut apprivoiser.

On se retrouve avec des personnages et des communautés qui se sont construits sur le mensonge…

Et que le mensonge finit par détruire…un univers chabrolien, encore des huis-clos, un village de montagne obéissant aux règles tacites de l’omerta, une communauté sylvestre qui échappe aux lois et à l’ordre social avec ses propres règles et son leader, une femme. La famille se construit parfois, souvent, sur le mensonge, mais tous ces secrets un jour remontent comme des bouteilles ou des cadavres à la surface de l’eau…

C’est un thème assez récurrent dans mes romans : Quand la neige danse, Cataractes et toute l’histoire personnelle d’Hanah Baxter, l’héroïne de quatre volets, qui repose sur un mensonge inconcevable, cachant une terrible vérité qu’elle sera amenée à découvrir dans Récidive.

La folie n’est jamais bien loin dans ces terres gelées…

Ni de l’être humain lui-même, pris dans ses propres pulsions et ses conflits intérieurs, telle une mouche dans une toile d’araignée. Ce qui me fascine sont ces funambules (que nous sommes peut-être tous, un peu, beaucoup, passionnément…) marchant sur un fil, entre raison et folie. Folie individuelle, folie collective…

Elles surgissent souvent de ce que l’on ne comprend pas, de l’inconnu, d’un trop plein émotionnel, de messages contradictoires qu’on nous envoie, d’une enfance malmenée, d’une dictature qui est une folie en soi. La folie a plusieurs visages, on peut le voir dans Dust, dans Boréal, dans Cataractes et même dans Le dernier chant, alors dans les Abîmes, n’en parlons pas…

Tu réserves un nombre impressionnant de retournements de situation. Ce n’est pas le genre de thrillers à lire à la va-vite…

Aucun livre n’est à lire à la va-vite…

Je trouve que ta plume évolue de livre en livre, tu le ressens comme ça aussi ?

Heureusement ! Sinon, que serait l’écriture ? Un monolithe figé dans son éternité minérale… L’écriture, c’est du vivant, des vibrations, des émotions, une recherche permanente du mot juste, au plus près de la vérité de l’histoire et de celle de l’auteur. Tant mieux si ma plume évolue sans « involuer » au fil de mes romans. Je le ressens, oui et je dirais même qu’elle peut changer selon l’univers, l’intrigue et le genre.



Catégories :Interviews littéraires

Tags:, , , ,

2 réponses

  1. J’aime beaucoup l’ambiance de ce genre de livre. Je le note directe. Merci.

  2. Encore un roman qui est dans ma liste d’envies depuis sa sortie. 😊

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :