Interview – 1 livre en 5 questions : Tu joues, tu meurs ! – Yannick Provost

1 livre et 5 questions à son auteur, pour lui permettre de présenter son œuvre

5 réponses pour vous donner envie de vous y plonger

YANNICK PROVOST

Titre : Tu joues, tu meurs !

Editeur : Lajouanie

Date de sortie : 09 avril 2021

Lien vers ma chronique du roman

C’est ton amour des lectures noires qui t’a poussé à sauter le pas ? Où l’écriture est une envie que tu as depuis longtemps ?

(Yannick Provost tient un blog littéraire : Nigrafolia)

Ça me démangeait depuis longtemps. Pour être franc, comme disent les menteurs, je m’étais frotté à l’exercice, il y a de nombreuses années mais en dilettante. Restait le goût et l’envie que la lecture et le blog remplaçaient aisément.

Mais il est un âge et des moments de vie, où le besoin prend le dessus. L’amour du noir faisant, j’ai posé quelques idées sur le papier, avec le désir ou la prétention d’écrire quelque chose de différent. Un truc qui puisse emporter les lecteurs. De là, tout s’est enchaîné.

C’est un thriller totalement ancré dans son temps, technologie, manipulation, écologie…

C’est une des raisons de mon amour pour le thriller.

Un thriller doit être dans l’air du temps. Il se fait le reflet de nos craintes et de l’état de nos sociétés. A lire du roman noir, on s’aperçoit très vite qu’il se fait l’écho des maux des siècles qu’il traverse.

Pour ce qui est de Tu joues, tu meurs !, j’y ai mis les thèmes qui me sont chers, ceux qui me font flipper. 30 ans à travailler dans des multinationales technologiques m’ont débarrassé de mes illusions. Mes enfants deviennent adultes, le monde que je leur laisse est dramatique.

La technologie rend la manipulation des masses plus facile, plus rapide, plus efficace. Quant à l’écologie, j’ai bien peur qu’entre Greta l’énervée et le greenwashing économique, il s’agisse surtout de communication. Sans être pessimiste, on est sérieusement dans la mouise.

Heureusement la vie nous donne à aimer, cela compense pas mal.

Voilà donc les fondations de TJTM !. Un techno thriller familial que j’espère être dans l’air du temps.

C’est un choix fort de confier les clés de ton intrigue à des ados et de jeunes adultes…

On pourrait penser que je navigue entre techno thriller et young adult. Mais la frontière entre les genres se résume à un exercice marketing qu’il est sympa de franchir.

J’ai deux gamins. Ils grandissent… Des jeunes adultes en puissance. Une fille qui aurait pu être une Fantine et un garçon qui pourrait être un Paul tant il me colle la pâtée à Call Of.. C’est moche de vieillir. Je dois me rendre à l’évidence, il y a eu un passage générationnel pour ce qui est des jeux vidéos.

Pour TJTM !, je pris le pari d’associer des ados d’une quinzaine d’années à un adulte qui a des casseroles aux fesses. Les relations enfants / parents confèrent l’humanité nécessaire à une bonne histoire. Filer les clés à Fantine et Paul en les plongeant dans le grand bain, me paraissait un angle que je n’avais pas encore lu.

Cela offre une réelle liberté, car c’est l’âge de tous les possibles.

Et puis, mettre en scène des jeunes adultes et des adolescents, ça laisse la porte ouverte à une éventuelle suite.

Ton roman est très cinématographique, tu avais des références en tête en écrivant ?

J’ai été biberonné à la Dernière Séance et j’ai passé mon adolescence entre les salles de ciné, les bibliothèques et les librairies quand j’avais deux ronds.

Question ciné, je suis classique, tendance Eastwood, Pacino, de Niro, Ventura, Gabin. Les deux derniers, c’est une histoire d’amour. Mes références ont besoin de grands espaces, de noirceur et de manichéisme.

Pour TJTM !, la dynamique doit inconsciemment prendre ses sources chez Michael Mann dont je suis fan. Heat pour la mise en scène, 2 flics à Miami (la série) pour les Bandes Originales et Hacker pour ce qui est de la technologie dans les mauvaises mains. Ajoute à cela, une nette affection pour les films avec Mc Queen, le King of cool, pour que ça aille vite, et une once de passion pour le grand Alfred qui avait le don pour mettre ses personnages dans un engrenage quasi fatal (j’ai toujours à l’esprit la fuite de Roger Thornhill dans North by Northwest tout comme j’aime les films d’Yves Boisset des années 80), tu as tous les ingrédients.

Après c’est de la cuisine. Aucune de référence précise. J’avais des scènes en tête et une volonté de donner un sentiment d’accélération à chaque chapitre. C’est sans doute parfois un peu capillotracté, mais l’envie de jouer avec des bons et des méchants en promenant mes personnages était sympa à écrire.

Le rythme est endiablé et constant, c’était un parti pris de chaque minute ?

Complètement. Une règle pour TJTM !, la dynamique.

Ni le lecteur, ni moi, ne devons nous ennuyer. Le temps est une denrée rare.

Le fait de raccourcir pour donner du rythme a été le fruit de l’échange avec l’éditeur. Avant ça allait vite, maintenant ça va très vite !

Pour en revenir aux influences cinématographiques, cela fait bientôt quarante ans que je n’arrive pas à me sortir de la tête l’intro de Subway. Une fois dedans, tu es obligé de suivre. Tout est là.

C’est le principe que j’aime dans le thriller. Une fois happé, tu fonces et tu vas jusqu’au bout.

Crédit photo : AnnaClick



Catégories :Interviews littéraires

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2 réponses

  1. Pari réussi, impossible de s’ennuyer dans ces lignes !

Rétroliens

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