Les voleurs de curiosités – Jess Kidd

Il n’y a bien qu’un auteur britannique pour écrire un roman aussi décalé et particulier. Son origine irlandaise explique peut-être aussi le folklore qui suinte de chacune de ses phrases.

Pourtant, les récits se déroulant à Londres durant l’époque victorienne sont parfois très codifiés. Ce n’est pas le cas de ces Voleurs de curiosités, empli d’imaginaire et de noire poésie.

Fantastique, dans tous les sens du terme

Quel roman étonnant et singulier. Le souffle lyrique de l’écriture de Jess Kidd sublime cette histoire surprenante. Fantastique, dans tous les sens du terme.

1863, des collectionneurs sont prêts à tout pour compléter leurs musées des curiosités, jusqu’aux pires horreurs.

A une époque où la femme n’a que peu de place dans la société londonienne, si ce n’est au bas de l’échelle ou en cuisine, le roman est l’occasion de mettre en lumière Bridie Devine, sorte de détective improbable, spécialisée dans les cas atypiques. Elle est accompagnée d’une gouvernante pour le moins hors norme. Et aussi du fantôme d’un ancien boxeur qui décide de lui coller aux basques.

Sa nouvelle mission est de retrouver une étrange petite fille, kidnappée. Une gamine qui semble receler d’étranges pouvoirs. L’eau au centre de tout.

Inventivité

Ce roman pourrait être un polar historique. S’en est un entre autres choses, puisqu’il est question d’une enquête. Mais c’est aussi un conte fantastique, profondément humain, noir et lumineux.

L’intrigue est étrange (dans le bon sens), déroutante. Dans ce Londres où médecine rime encore avec inhumaine boucherie, où les légendes (aquatiques, mais pas que) virevoltent dans l’imaginaire collectif, ce récit prend des formes curieuses et originales.

Un émerveillement d’inventivité, magnifié par une prose très travaillée, pleine de poésie, qui sait renforcer son pouvoir en éludant et en faisant appel à l’imagination du lecteur.

Mystère gothique

Cette fantaisie en devient presque hypnotique, vraiment prenante. Mais il faut lâcher prise et se laisser porter par elle. Ouvrir de grands yeux curieux et rêveurs, tout comme s’enivrer des dialogues des personnages.

Des protagonistes tous plus étonnants les uns que les autres, touchants, inattendus, anticonformistes. Eux aussi font partie de cette poésie en prose.

Et quel travail exceptionnel pour retranscrire le Londres de l’époque ! D’une précision chirurgicale, plein de détails qui donnent vie à cette époque-là et rendent la ville vibrante.

Les voleurs de curiosités est un roman unique, un mystère gothique surprenant. Jess Kidd est une anatomiste poétique d’un passé plein de secrets et de ténèbres, qu’elle met en valeur par une plume lumineuse et inventive.

Yvan Fauth

Date de sortie : 11 février 2021

Éditeur : Presses de la cité

Genre : Polar fantastique

4° de couverture

Londres, 1863. Bridie Devine, détective spécialisée dans les affaires délicates, s’attaque au cas le plus insolite de toute sa carrière. Christabel Berwick, l’héritière d’un baronnet, a été kidnappée. Mais la fillette n’est pas une enfant ordinaire. Son existence a été cachée aux yeux de tous et ses étranges talents semblent autant effrayer son entourage qu’ils attirent l’attention des collectionneurs de curiosités. Aidée dans sa quête par le fantôme tatoué d’un boxeur mélancolique, Bridie suit pas à pas les traces laissées par les ravisseurs, replongeant malgré elle dans un passé qu’elle a tenté d’oublier.
Résurrectionnistes, saltimbanques mercenaires, créature aquatique légendaire : autant de personnages qui hantent les pages de ce roman où le spectacle est roi, et qui fait la part belle à une enquête digne des plus grandes énigmes policières.



Catégories :Littérature

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14 réponses

  1. Tu en parles si bien que je ne regrette absolument pas mon achat ❤️. Merci pour cette passion communicative !

  2. Un livre que j’aime particulièrement et la couverture est superbe !

  3. Et hop, dans la wishlist ! Je viens justement de finir une autre lecture qui traitait des « monstres » de la nature, ça complètera bien le tableau ^^ Merci pour la découverte !

  4. Il me plait bien celui-ci !
    Je le note…

  5. Coucou, je n’ai pas attendu ta chronique pour le cocher mais ta chronique me fait regretter de ne pas avoir su aller en librairie l’acheter mercredi ! Parce que nom de Zeus, je le veux maintenant !!! Grrrrr

    Tu me tues, Yvan 😛

  6. ça pourrait me plaire … je note !

  7. je devrais le découvrir bientôt

  8. Hummm !
    M’a l’air bien surprenant ce livre !
    Merci, je le note dans ma liste qui s’allonge mais qui s’allonge…

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