Prendre un enfant par la main – François-Xavier Dillard

La disparition d’un enfant est un sujet tellement coutumier dans le roman noir qu’il peut en devenir une indigeste tarte à la crème.

Au plus près de la psychologie

FX Dillard évite grandement les pièges et s’en sort avec les honneurs. Ses secrets ? Ne pas tomber dans l’excès de retournements de situations improbables, et s’approcher au plus près de la psychologie des personnages. Et la petite patte perso.

A l’image de sa consœur de chez Belfond, Barbara Abel, l’auteur a compris que pour qu’une telle histoire fonctionne dans l’imaginaire du lecteur, il faut de la crédibilité et surtout des protagonistes qui sonnent juste. Ceux dont on a envie de s’attacher à leurs histoires, ceux qui pourraient être nos voisins.

Sauf que leurs vies se retrouvent chamboulées par des événements qui sortent de l’ordinaire, qui les sortent de leurs rails, d’autant plus qu’ils avaient tous une voie bien tracée.

Lorsque de terribles événements touchent une famille, un couple, et qu’en plus le hasard vient vous narguer, les relations se compliquent, les réactions s’enchaînent et se déchaînent.

Culpabilité

La culpabilité, les non-dits, la dépression, les comportements à risque polluent les rapports humains et peuvent rendre fous.

C’est un vrai point fort de cette histoire, cette crédibilité dans les réactions des personnages face à leur détresse.

A coups de chapitres courts, Dillard donne ainsi le rythme sans pour autant surjouer l’improbable. L’histoire vire peu à peu du récit psychologique au thriller tout aussi psychologique.

Rien de bien original en somme, mais l’écrivain a aussi ce petit quelque chose qui fait la différence, cette liberté de ton. Cette écriture directe, franche, instinctive qui rend cette histoire touchante.

Prendre un enfant par la main est un thriller psychologique de facture classique, mais avec des valeurs et un ton qui le font sonner vrai. François-Xavier Dillard a la manière pour attraper le lecteur friand de ce genre de récit et de ce style de frissons qui ressemblent à du vécu.

Yvan Fauth

Date de sortie : 01 octobre 2020

Éditeur : Belfond

Genre : Thriller

4° de couverture

Lorsque vous lâchez la main de votre enfant, êtes-vous certain de pouvoir la serrer de nouveau un jour ?
Quatre ans après la disparition de leur fille Clémentine dans le naufrage d’un voilier, Sarah et Marc sont rongés par la culpabilité et la tristesse.
Jusqu’à ce que de nouvelles voisines emménagent sur le même palier avec leur enfant, Gabrielle, dont la ressemblance avec Clémentine est troublante. Au contact de cette adolescente vive et enjouée, Sarah reprend peu à peu goût à la vie.
Mais lorsque le destin de Gabrielle bascule dans l’indicible, les démons que Sarah avait cru pouvoir retenir se déchaînent une seconde fois.



Catégories :Littérature

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6 réponses

  1. Je suis entièrement de ton avis, Yvan. Il gratte où ça fait mal, c’est notre Barbara Abel français. Ohhh ce livre. J’en frissonne encore. Merci à toi pour cette belle chronique. 🙏❤️

  2. Terminé hier, prise dans le récit dès le début ! Plutôt bien fichu, belle psychologie des personnages que tu exprimes bien 😘

  3. Je n’ai rencontré cette plume que dans ton premier recueil de nouvelles, il semble que ce soit une erreur à réparer !

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