Sång – Johana Gustawsson

En moins de quatre ans, Johana Gustawsson est devenue une auteure incontournable dans le monde du roman noir. Ce troisième roman ne fera qu’asseoir sa position, pour preuve il est sorti en langue anglaise peu avant la version française (sous le titre : Blood song). Pour un écrivain « frenchy », c’est une destinée exceptionnelle, amplement justifiée.

Si vous n’avez pas encore lu ni rencontré la lumineuse Johana, vous avez raté votre vie (de lecteur), comme dirait l’autre ;-).

En plein cœur

Sång porte bien son nom, en version originale suédoise (chanson), comme avec son extrapolation française. Oh, je ne parle pas de roman gore, certaines scènes sont violentes mais ce n’est pas la seule raison.

Dans son formidable second thriller (Mör), les lecteurs ont rencontré le touchant personnage d’Aliénor Lindbergh, autiste Asperger analyste à Scotland Yard. La voilà touchée en plein cœur par cette nouvelle affaire.

L’occasion de réunir à nouveau le duo exceptionnel que forment l’écrivaine Alexis Castells et la profileuse Emily Roy. Des personnages de papier que Johana Gustawsson connaît maintenant sur le bout des doigts posés sur son clavier, et qui font déjà partie de l’imaginaire collectif des amateurs de romans noirs.

Autre rythme

Autre livre, autre ambiance. Les personnages sont connus, mais l’atmosphère et le rythme sont dictés par l’endroit. La Suède n’est pas Londres. Et les réminiscences de l’Espagne de Franco encore moins…

Car oui, l’écrivaine la plus cosmopolite du paysage français aime jouer sa partition entre passé et présent, en soufflant le chaud et le froid (et pas seulement pour des raisons de différence de climat).

Sång est un thriller davantage dans la mouvance scandinave. Mais ce sentiment est régulièrement contrebalancé par la brutalité des scènes espagnoles et l’horreur des exactions durant la période franquiste.

Avec ce roman, Johana Gustawsson a mis ses tripes sur la table. Ce n’est pas la première fois, mais c’est d’autant plus prégnant. Ses origines catalanes y sont pour beaucoup, mais pas seulement…

Personnel

L’écrivaine parle indirectement de ses racines, mais aussi de thématiques fortes et récurrentes. Dont celles liées aux enfants et à l’enfantement. Avec un ton qui sonne vrai, toujours avec subtilité.

C’est vrai, sentiment tout personnel, je lui ai préféré Mör, qui pour moi est presque parfait. Mais ça n’enlève rien aux très belles qualités de Sång.

L’intrigue est prenante, les rebondissements ahurissants parfois. Et puis (surtout ?), il y a ces personnages atypiques qui pour certains contrebalancent l’hyper émotion des faits par une certaine froideur. Ça rend la lecture émotivement saillante.

Des coups de scalpel au cœur, mis en valeur par la qualité de l’écriture et à l’effet accentué par ce profond sentiment de tristesse qui émane de ces pages.

Sång prouve qu’on peut rester sur une même ligne tout en se renouvelant. Ambiance différente, mais émotions fortes garanties. Johana Gustawsson écrit du noir, mais surtout de l’humain.

Lien vers l’interview de Johana Gustawsson au sujet de Sång

Yvan Fauth

Date de sortie : 16 octobre 2019

Éditeur : Bragelonne

Genre : thriller

4° de couverture

En suédois, signifie « chanson ». En Suède, une famille est massacrée dans sa luxueuse demeure. Ce terrible fait divers rappelle sur ses terres Aliénor Lindbergh, une jeune autiste Asperger récemment entrée comme analyste à Scotland Yard : ce sont ses parents qui ont été assassinés. Avec son amie Alexis Castells, une écrivaine spécialisée dans les crimes en série, la profileuse Emily Roy rejoint sa protégée à Falkenberg, où l’équipe du commissaire Bergström mène l’enquête. Ensemble, elles remontent la piste du tueur jusqu’à la guerre civile espagnole, à la fin des années 1930, lorsque le dictateur Franco réduisit toute résistance au silence, dans le sang.



Catégories :Littérature

Tags:, , ,

29 réponses

  1. Très jolie chronique sur un livre que j’ai adoré ! Et en plus j’ai rencontré l’auteur hier, ce qui achève de me combler (vie de lectrice presque réussie car tu nous as manqué hier à Bruxelles mais Frédéric Mars, pour me consoler de ton absence, m’a filé une petite info qui m’a fait un énorme plaisir 😉)

  2. Ravie de retrouver tes chroniques enthousiastes, Yvan…même si c’est une catastrophe pour mon budget! Chaleureuses pensées.

  3. Superbe chronique d’un ouvrage qu’il me tarde de découvrir… Johana Gustawsson est une auteure que j’affectionne tout particulièrement… À vrai dire comme la majorité des auteurs dont tu présentes les ouvrages… Du coup, je ne sais plus si je dois te remercier ou pas.. 🤔😉😁 Bon week-end Yvan ☺️

  4. Bonjour.
    Je n’ai pas encore lu Mör (PàL trop importante) mais il faudra, sans (trop) tarder …
    Merci, Yvan, ainsi qu’à vous tous qui commentez.

  5. J’ai très envie de le lire !

  6. Magnifique auteure, encore plus belle depuis la naissance de son fils. J’ai hâte de la lire.

  7. Je ne connaissais pas, mais si je trouve ce livre à la bibliothèque, je le lirais!

  8. Je l’ai au chaud depuis ce week-end 🙂
    Bises mon ami 😚😚

  9. Contente de te lire 🙂
    Thomas a acheté ses deux premiers et je suivrai sans doute la lecture… !
    Belle chronique, comme toujours! Bises

  10. Bah, si j’ai raté ma vie, je traverserai la rue pour en trouver ! 😆

    J’ai lu le premier, j’ai pas tout foiré, donc. Je lirai – un jour – les suivants. J’espère.

    Mais au fait, si Sång veut dire « chanson », cela veut dire que je peux chanter, alors ??? Je te proposerai bien une chanson de Johnny avec la voix de Julien Clerc (ou le contraire)….

    Reviens gamin, c’était pour rire !

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :