Interview – 1 livre en 5 questions : L’île du diable – Nicolas Beuglet

1 livre et 5 questions à son auteur, pour lui permettre de présenter son œuvre.

5 réponses pour vous donner envie de vous y plonger.

NICOLAS BEUGLET

Titre : L’île du diable

Editeur : XO

Date de sortie : 19 septembre 2019

Lien vers ma chronique du roman

Dans ce nouveau roman, on retrouve donc ton personnage fétiche Sarah Geringën, 1 an après…

Complot se terminait mal pour Sarah. On l’a laissait en prison, dévastée, seule, soupçonnée du meurtre du Pape qu’elle essayait pourtant de sauver. Alors que son procès a finalement prouvé son innocence, on la retrouve le matin de sa sortie de cellule. Sauf qu’au lieu de vivre une libération sereine, on va lui annoncer une terrible nouvelle qui va la confronter à un secret de famille aussi inattendu qu’effroyable.

« L’île du diable » est sensiblement différent de « Complot », davantage centré sur Sarah, son passé et ses ressentis…

Dans un sens oui, puisque cette fois Sarah enquête sur elle-même et ses proches, ce qui va lui permettre d’élucider l’un des mystères de son existence : cette culpabilité qui la ronge en permanence sans qu’elle n’en connaisse l’origine. Donc effectivement, on va plonger dans les profondeurs de ses tourments. Mais dans d’un autre côté, on retrouve les ingrédients de Complot et du Cri : l’enquête haletante, les révélations historiques, les découvertes scientifiques étranges mais véridiques, les twists, le voyage dans des lieux improbables.

Les liens avec le passé familial, connu ou inconnu, ont une influence majeure sur notre vie présente…

Quelle part de nos ancêtres vit en nous ? Voilà la question à laquelle « L’île du Diable » tente de répondre. Il y a encore une dizaine d’années, on admettait volontiers que nous portions les gênes de nos parents et de nos ancêtres et que cela agissait sur notre physique. Mais dès que l’on abordait les transmissions psychologiques, on était vite catalogué dans le registre superstition ou charlatanisme. Sauf que l’épigénétique a été découverte et prouve sans équivoque que le vivant, et à fortiori les humains transmettent à leur descendance leurs traumatismes psychologiques. Et ce, sur plusieurs générations. Cette transmission de la peur, de l’angoisse, d’une guerre, d’un viol est mesurable dans les gènes des enfants des victimes, mais aussi des petits enfants alors qu’ils n’ont jamais été eux-mêmes exposés à aucune violence. Je vous laisse réfléchir à votre propre héritage et à l’influence que la vie de vos ascendants a, par-delà la mort, sur votre présent. A l’image de Sarah qui va faire une découverte impensable et bouleversante sur son père.

Une fois encore, tu nous as déniché un pan méconnu du passé de l’humanité. Le thriller, au-delà de la distraction, c’est aussi un bon moyen de comprendre notre monde ?

J’ai la conviction que tout est enquête dans la vie. Nous avons tous en nous cette attirance pour le mystère et sa résolution. C’est un talent humain partagée de façon universelle. On aime comprendre, résoudre, solutionner, être tenu par une question qui nous obsède. Parce que la curiosité est le feu de la connaissance, et la connaissance le feu de l’homme. Le thriller est donc la forme la plus adaptée à la diffusion du savoir parce qu’il épouse le fonctionnement naturel de notre cerveau à l’acquisition du savoir. Je prends souvent pour exemple les biographies de Zweig. Pourquoi ont-elles autant de succès à travers les années ? Parce qu’il raconte ces vies comme un thriller. A chaque chapitre, on se demande comment le héros va s’en sortir. Celle de Fouché par exemple est d’une intensité narrative et tricotée avec des cliffanghers à faire pâlir n’importe quelle série télé.

Le roman est plus court que le précédent, sans une seconde de répit. C’était une volonté de départ de proposer une intrigue plus concentrée, ou c’est la phase d’écriture qui l’a dicté ?

Comme j’aime la vérité, je vais vous répondre la vérité. L’île du Diable était au départ beaucoup plus long, mais je me suis rendu compte que l’histoire n’était pas assez tenue et qu’à vouloir trop en dire, je passais à côté de mon sujet. J’ai donc retiré 1/3 du livre et réécrit quasiment l’intégralité de l’ouvrage pour raconter La bonne histoire.

Yvan Fauth

Photo : Sophie Mary


Catégories :Interviews littéraires

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12 réponses

  1. Une réflexion intéressante, j’ai toujours eu l’impression que nous avions les souvenirs de nos ancêtres!

  2. hâte de le lire

  3. L’épigénie reste un thème très intéressant. Je commence à me demander pour moi….

  4. Il est peut-être dommage qu’il ait voulu raccourcir son livre. Il ne dit pas quelle partie non plus.
    Je suis convaincue de cette transmission transgénérationnelle. J’ai lu les deux bouquins de Anne Ancelin et m’en vais faire un travail personnel sur « les Constellations Familiales  » basées sur la psychogénéalogie.
    Quant à l’épigénétique, cela me paraît très très intéressant à découvrir. Après, le cerveau fait le tri… 🙂
    Merci pour cet interview.

  5. Bonjour. Je l’ai terminé hier soir. Je suis partagée, une bonne lecture avec des révélations trés trés interessantes, mais aussi des questionnements. Conduire avec un bras dans le platre. Des péres nés en 1923/24 ? Avec les personnages jeunes, trentenaires. Les communications qui passent dans la forêt sibérienne. Et une formidale énergie de l’héroine apŕès les opérations subies ! J’ai du mal car après l’ablation d’un sein (je connais) pas facile de faire des exploits a moitie nue par – 12°,
    Néanmoins j’ai dévoré ce livre qui ouvre la route à une suite….

Rétroliens

  1. L'île du diable - Nicolas Beuglet - EmOtionS - Blog littéraire

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