Interview littéraire 2019 – Fabrice Pointeau, traducteur

Je poursuis mes entretiens en rapport avec les différents métiers du livre pour mettre une nouvelle fois en lumière un maillon essentiel de la chaîne : le métier de traducteur.

Fabrice Pointeau est un traducteur très présent dans le milieu du roman noir. Il travaille beaucoup avec l’éditeur Sonatine, mais pas seulement. Il a, par exemple, traduit plusieurs romans de R.J. Ellory et Paul Cleave (deux de mes dieux littéraires).

Hasard ou envie ? Comment es-tu arrivé à la traduction ?

Pas vraiment un hasard. Licence-maîtrise-DESS de traduction littéraire à Paris 7, puis quelques années à faire des boulots pas franchement intéressants avant d’oser me lancer.

Après toutes ces années de traduction, as-tu une méthode bien rodée ?

J’ai ma façon de travailler, mais chacun a la sienne. Par exemple, certains ont systématiquement une copie quasi impeccable à la fin de la journée. Pas moi. Je reviens constamment en arrière – beaucoup de relectures.

Un traducteur peut-il s’éloigner de la traduction littérale pour se rapprocher davantage du sens ? En d’autres termes, quelle est la part de création dans une bonne traduction, surtout dans les romans noirs où l’ambiance est primordiale ?

C’est un peu le but du jeu, me semble-t-il. Définir les enjeux du texte, et une fois qu’on les a, essayer de s’y tenir pour avoir un ensemble cohérent, quitte à prendre quelques libertés. Mais de là à parler de création… C’est principalement du feeling, je pense.

Tu as traduit plusieurs romans de R.J. Ellory et de Paul Cleave. Au fil du temps et des livres, ta manière d’appréhender leurs textes évolue t-elle ?

C’est forcément plus facile après plusieurs romans. On connait les types, leurs trucs, leurs tics. Mais à part ça, la manière de procéder reste la même.

Selon toi, comment évolue le métier actuellement ? Peut-on dire que les traductions sont meilleures ou moins bonnes que par le passé ?

J’ai le sentiment qu’il y a de plus en plus de gens qui aimeraient traduire, il y a plus de formations qu’avant, je suppose donc que la qualité des traductions s’en ressent, mais je serais bien en peine de juger.

Quelles sont tes traductions à venir ?

Quelques bouquins en attente de parution : un anglais façon Agatha Christie mais en bien plus barré, un autre qui aborde les expériences menées avec les drogues psychotropes par la CIA dans les années ’50 (le genre de sujet qui m’amuse), les deux premiers volumes de la série Billy Lafitte. Je suis en ce moment sur le 3ème David Joy, dont j’ai déjà traduit les deux premiers livres.

Quelques couvertures des récentes et futures traductions de Fabrice Pointeau



Catégories :Interviews littéraires

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5 réponses

  1. Vraiment très intéressant, merci Yvan!

  2. C’est intéressant et c’est bien de mettre en valeur le métier de traducteur, indispensable.
    Merci !

  3. « Je suis en ce moment sur le 3ème David Joy.. » quelle chance, j’adore les livres de David Joy. Interview très intéressante. Merci Yvan 🙂

  4. Très intéressant, le traducteur est souvent juste un nom, on ne sait rien de lui!

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