Interview – 1 livre en 5 questions : Sa majesté des ombres – Ghislain Gilberti

1 livre et 5 questions à son auteur, pour lui permettre de présenter son œuvre.

5 réponses pour vous donner envie de vous y plonger.

Ghislain Gilberti

Titre : Sa majesté des ombres 

Éditeur : Ring

Date de sortie : 08 mars 2018

Lien vers ma chronique

Après une première trilogie qui avait marqué les esprits des amateurs de thrillers, tu t’es lancé dans un nouveau triptyque. Ce premier tome annonce une histoire incroyablement foisonnante…

Après une coupure dans l’écriture de mes trois thrillers/polars, période où j’ai travaillé sur la parution de deux OVNI littéraires, Dynamique du Chaos (février 2018, Éditions Ring/La Mécanique générale) et Dernière Sortie pour Wonderland (Éditions Ring, en rupture de stock pour le format broché, sortie poche à venir), j’ai renoué avec l’univers qui m’a permis mes premières publications : Le Festin du Serpent (avril 2013, Édition Anne Carrière/Pocket), Le Baptême des Ténèbres (octobre 2014, Édition Anne Carrière/La Mécanique générale) et Le Bal des Ardentes (février 2015, Éditions Anne Carrière/Pocket). Avec Sa Majesté des Ombres (La Trilogie des Ombres, Tome 1, Février 2018, Éditions Ring), je remets en scène Cécile Sanchez, ma commissaire responsable d’une cellule spécialisée dans les crimes à caractères déviants, sériels et atypique au sein de l’OCRVP – l’Office central pour la répression des violences aux personnes – spécialisée synergologie (analyse corporelle, posturale, gestuelle, micro-expressions, etc…) Criminologue, victimologue et psychologue clinicienne.

Si la première trilogie était plutôt cinématographique dans son côté réaliste et visuel, je me suis orienté dans l’esprit d’une série. L’histoire se veut riche en évènements et, je l’espère, foisonnante. Mais ce dont je suis certain, c’est que les trois tomes sont déjà bien avancés dans leur écriture et je prends beaucoup de plaisir à les écrire. Je souhaite de tout cœur que vous prendrez autant de plaisir à les lire que moi à les créer.

Ton récit, dans les méandres d’une enquête sur un trafic de drogue atypique, est criant de vérité. Le lecteur est en mode « immersion totale »…

Ma connaissance de l’intérieur du monde des drogues, du narcotrafic et de tout ce qui tourne autour n’est plus un secret, j’en ai d’ailleurs parlé sur ce blog, notamment, il me semble, sur la carte blanche que tu m’avais laissée et dont j’ai largement profité pour me mettre d’accord avec mon lectorat sur de nombreuses rumeurs à ce sujet. Alors oui, j’ai profité de ces années noires que j’ai vécues pour renforcer le côté réaliste auquel je tiens beaucoup pour les textes de ce style littéraire qui m’a permis d’être publié grâce à Alain Carrière, mon père de littérature. Mon arrivée chez Ring m’a permis de mettre en place des projets de longue dates qui n’aurait pas forcement été possibles aux Éditions Anne Carrière.

Mais mon lectorat réclamait un retour à mon style de prédilection. Comme je n’aime pas les bis repetitas, j’ai pris le risque de lancer une vraie trilogie. En effet, nombreux sont les lecteurs qui me demandent avec une impatience palpable, pour ma plus grande et humble fierté, quand ils pourront avoir la suite. En effet, à la fin de ce pavé qu’est Sa Majesté des ombres, si quelques arcs narratifs se ferment, il reste de nombreux éléments en suspend. Je savais que la réussite d’un tel projet nécessitait un succès du premier tome, une accroche des lectrices et lecteurs, sans quoi le tome 2 aurait été une Bérézina totale. Heureusement, le travail de David Serra, le patron de Ring, et surtout de Laura Magné, directrice littéraire, et Giuliano Saldico, agent de communication, ont permis que ce premier tome soit une victoire, je tiens à les remercier au passage car, sans eux, rien de tout ça n’aurait été possible.

Autre aide précieuse, l’écrivain de génie Sire Cédric a particulièrement apprécié les premières épreuves et commenté de façon dithyrambique : « Aussi brute et puissante que ses héroïnes, la nouvelle trilogie de Ghislain Gilberti est une drogue dure. » De la part d’un auteur du calibre de Cédric, le compliment sincère n’a pas été ignoré et s’est trouvé sur la couverture de la première édition ; je le remercie lui aussi pour cette aide précieuse.

Le magazine Vogue et Le Parisien ont également soutenu ce livre avec force, ainsi que Frédérick Rapilly qui m’a chroniqué dans Télé 7 Jours. Les nombreux blogs, dont EmOtionS, ont frappé en rafale avec la régularité d’une mitrailleuse lourde pendant tout ce temps. Et puis il y a eu la chronique de Gérard Collard, sur les réseaux sociaux puis dans le Journal de la santé qui a mis le feu aux poudres : «La révélation polar de l’année qui balaie tout sur son passage. Ghislain Gilberti n’a rien à envier aux plus grands noms du milieu français. » 

En un rien de temps, le premier tirage a été épuisé et un retirage d’urgence a du être fait pour que je puisse disposer d’ouvrages à vendre à Saint-Maur en Poche pour le dixième anniversaire de ce salon en plein air légendaire, les trente ans de La griffe noire et ma première participation à cet événement légendaire (durant lequel j’ai pu avoir le plaisir de te revoir d’ailleurs). Le prix des Géants du Polar à Douai est venu entre les deux et j’apprends que je suis dans la course pour le prix des Mines Noires à Nœux-les-Mines. Récemment, Le Parisien a suivi ; il va sans dire que je suis aux anges et que j’ai bien du mal à prendre conscience que ce soit mon travail qui soit ainsi salué. A chaque fois, c’est le côté réaliste qui est mis en avant. C’est donc sans prétention que je peux afficher une certaine fierté à être parvenu à renouveler mon style, grâce à mon travail de recherche mêlé à mon expérience personnelle dans le narcotrafic et la consommation de drogues diverses, le côté réaliste de ce roman, comme ça a été le cas, à une autre échelle, pour mes trois premiers polars/thrillers.

Alors voilà, mon pari plus que risqué semble être assez réussi. Malgré les 740 pages de ce nouveau roman, les nombreux retours indiquent des temps de lecture très courts (une moyenne de trois jours ! j’ai du mal à y croire moi-même…)

Certaines scènes sont dignes d’un western, dans la première partie du roman !

Il est vrai que j’ai frappé fort dans cette première partie sur les quatre qui composent le livre et qui se déroule en 2003, bien avant que Cécile Sanchez n’apparaisse. Mais il me fallait une affaire menée avec maladresse contre de vrais fantômes.

Il faut savoir que si, dans la réalité, ce type de carnage n’a jamais eu lieu, il est tout à fait possible

Comme à ton habitude, tu as pris grand soin à développer tes personnages. Certains connus, d’autres qu’on découvre. Toujours avec des caractères marqués…

Je mets un point d’honneur à ce que tous les personnages, principaux comme Cécile Sanchez et Romane Castellan, comme des protagonistes plus ou moins important et/ou présents et, bien entendu, les antagonistes, soient bien campés, attachants ou antipathiques, bons ou mauvais (sans manichéisme aucun, car rien n’est jamais tout noir ou tout blanc). Comme je ne sais pas inventer totalement mes personnages, j’utilise des personnes que je connais ou que j’ai rencontré, je les distords, les transforme, pour en faire des personnes complètement différentes.

Mon ancien médecin traitant est devenu légiste, mon grand-oncle membre d’une section antiterroriste, etc. Il y a même des auteurs, lecteurs ou contacts qui sont devenus des personnages sans n’en avoir jamais rien su.

L’autre coté atypique du roman, c’est de placer son intrigue en province, loin de la capitale qui est souvent le lieu de ce genre de récit…

Il y avait ici une volonté claire de renouer avec le Grand Est, et principalement l’Alsace et le Territoire de Belfort. Il y a deux raisons à ça. La première est que je suis né et ai vécu longtemps à Belfort, que j’aime cette ville et que je la connais bien. L’autre raison est une volonté de montrer à quel point le mal peut être partout et frapper aveuglément. Dans toute la France, des réseaux sont présents, le Mal l’est tout autant ; je tenais à mettre cette vérité en avant et démontrer que chaque région est infestée de trafiquants à la dangerosité plus ou moins marquée. Et aussi, il était nécessaire pour la suite que ce mal se répande, que la gangrène progresse. Un point de départ dans une région comme l’est de la France ne pouvait que donner à cet effet une ampleur vaste.

Pour finir, je vais faire une annonce officielle sur le blog EmOtionS, l’un des meilleurs blogs français à ce jour. Durant le premier trimestre 2019, Les Anges de Babylone, le tome 2 de cette Trilogie des Ombres, apportera la suite des points encore ouverts dans Sa Majesté des Ombres. Le troisième, qui n’a pas encore de titre pour l’instant, suivra début 2020. Le titre de la suite de cette saga est donc officiellement annoncé.

J’en profite à l’avance pour te remercier et te dire à quel point j’admire ton travail auprès des auteurs en général, et français en particulier, que ce soit sur ce blog, sur les réseaux sociaux, et sur les différents salons.

Avec toutes mes amitiés à mon lectorat, aux blogueurs qui soutiennent les auteurs et à tous les acteurs du milieu littéraire « noir » de France. Vous contribuez à notre réussite avec un acharnement incroyable et votre amour de la lecture est beau. Je vous remercie tous mille fois.

 



Catégories :Interviews littéraires

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5 réponses

  1. Très bel article !
    Bravo à Ghislain pour sa sincérité et sa sensibilité et à toi pour ce chouette interview !

  2. voilà, ca refonctionne, je peux de nouveau te lire avec plaisir
    j’étais un peu fâche avec cet auteur pour le dernier de ses romans qui m’a laissé un mauvais souvenirs de trop longues descriptions….
    mais là tu m’intrigue, donc je le remet en bonne place dans ma longue liste.
    a bientôt,

  3. Ben mon colon ! Il rafle tout sur son passage et il a bien raison ! 😀

    Non, pas encore lu ni acheté, mais pas de panique, il passera à la casserole aussi (le roman, pas l’auteur, honni soit qui mal y pense).

    Merci Yvan et merci à Ghislain (j’me permet).

  4. Merci Yvan pour cette interview de Ghislain Gilberti et à l’auteur pour ses précieuses explications. J’ai adoré Sa Majesté des Ombres !

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