Caryl Férey – Comment devenir écrivain quand on vient de la grande plouquerie internationale

comment-devenir-ecrivain-quand-on-vient-de-la-grande-plouquerie-internationale-caryl-ferey-97827578338104° de couverture  

Comment devenir écrivain quand on habite Montfort-sur-Meu et qu’on excelle exclusivement dans les batailles de crachats ?

Depuis les après-midi avec mémé Marthe qui lui racontait des histoires, jusqu’à Gallimard, il y aura quelques marches à gravir, des déboires et des détours, il y aura les petits boulots, les voyages au bout du monde, le RMI, les potes, les éditeurs qui promettent et ne tiennent pas, et puis la bonne étoile. La bonne étoile d’un écrivain hors normes, doté d’une détermination et d’un humour à toute épreuve.

Mon avis

Se lancer dans une (courte) autobiographie à 46 ans peut paraître présomptueux. Pas quand on s’appelle Caryl Férey.

A quoi sert ce livre ? A nous faire comprendre comment il est possible de devenir écrivain à succès quand on a rien pour soi en dehors de son talent et de son acharnement. C’est une leçon de vie, mais pas le genre de leçon qui nous donne la leçon. Non non, une tranche de vie, genre auto-analyse décalée, remplie d’anecdotes et de petites histoires.

161 pages totalement jouissives, drôles, touchantes, étonnantes, éblouissantes, attachantes, bref en un mot : vivantes !

La première partie, où Férey s’allonge virtuellement sur le fauteuil du psy est franchement brillante. L’auteur nous fait comprendre d’où lui vient son amour des histoires et son incroyable obstination. Les prémisses d’un homme de caractère qui ne lâchera rien durant des décennies de vaches maigres, RMI et tutti quanti.

La seconde partie, passionnante, nous narre le parcours du combattant pour écrire un roman qui tient la route et pour se faire publier (chausse-trappes, déceptions, galères et tutti quanti).

Le tout se lit d’une traite (normal quand on parle de vaches maigres), chaque ligne, chaque phrase apportant son lot d’émotions jubilatoires. Un récit tragi-comique pour décrire un parcours rocambolesque.

Parce que Férey a une plume étonnante, dans la forme comme dans le fond. Parce que Férey est capable d’une drôlerie et d’un recul sur soi-même proprement bluffants.

Un petit livre, loin des romans plus noir que noir de l’auteur, mais qui nous fait mieux les comprendre (lui et ses écrits).

Je ne saurais trop vous conseiller de lire également son recueil de nouvelles Petit éloge de l’excès (paru en 2007), qui vous donnera des clés complémentaires pour comprendre (et tomber sous le charme) du personnage. 

Pour revenir au pourquoi d’une telle sortie à 46 ans, l’auteur déclarait récemment qu’il n’était pas trop tôt pour lui d’écrire sa biographie, n’étant pas certain de « vieillir bien vieux ».

Le lien vers le compte-rendu de ma rencontre de l’auteur le 24/05/2013.

 Publication française : 2013

Qualité de l’écriture : ♥♥♥♥

Émotion : ♥♥♥♥

Note générale : ♥♥♥



Catégories :Littérature

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13 réponses

  1. on prend note des deux !! nul doute que l’on y trouvera matière à sourire et à réfléchir ! 😉

  2. Je l’ai terminé hier. Les grands esprits se rencontrent.. 😉
    Moi j’ai trouvé la première partie terriblement longue. Mais j’ai adoré la deuxième.

  3. Coucou,

    Donc, tout n’est pas perdu pour nous, un jour, nous serons de grands écrivains et nos critiques feront la pluie et le beau temps dans la littérature. Oui, le soleil chauffe un peu trop durant mes vacances.

    Faut que je le trouve et le lise, ce Férey là ! Pour une fois qu’il me fera pleurer de rire, lui.

    J’ai ri avec ton jeu de mot « Le tout se lit d’une traite (normal quand on parle de vaches maigres) » car j’ai repensé à mon grand-père, agriculteur, qui répondait, quand on lui demandait comment il allait :  » Je vais de pis en pis », ce qui était vrai, puisqu’il trayait les vaches.

    • Oui il fait définitivement trop chaud pour nous pauvres lecteurs et (habituellement humbles chroniqueurs) 🙂
      Une pensée pour ton grand-père.
      Je me suis retenu dans ma chronique, j’avais voulu écrire que ça se lit comme du petit lait

      • Tu aurais dû, je l’utilise souvent, cette expression. En fait, quand tu lis ce genre de livre, tu dois être concentré, comme on dit chez Nestlé.

        A-lait, je te laisse, je vais prendre le soleil !

        • Fait bien attention à bien te mettre de la crème (fouettée) au soleil 😉

          • Aie, j’ai dû mal me faire frotter parce je rougis sur le haut des bras. Mon homme aurait dû étaler la crème Chantilly (de l’hippodrome ?) au lieu de la dévorer.

            Denis Lehane et son « Sacré » me tient tellement que je pourrais rôtir au soleil sans le remarquer. Rôtir mais avec la chaleur tournante puisque du vent pour nous pousser encore plus à moins nous méfier.

  4. avant de lire sa bio, il faudrait déjà que je commence par lire ses oeuvres ! J’ai Zulu dans ma Pal. Encore un auteur dont je te devrais la découverte 🙂

  5. du temps Yvan, du temps….

Rétroliens

  1. Bilan livresque : janvier / Juin 2013 |

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