Quand ils viendront – René Manzor | Chronique littéraire : 1 lecture, 5 émotions
En bref
Titre original : Quand ils viendront
Auteur : René Manzor
Éditeur : Calmann-Lévy
Date de sortie : 03 septembre 2025
Genres : Thriller
Introduction
René Manzor signe un thriller tendu et humain, ancré dans l’Amérique actuelle. Une famille est traquée par la CIA sur le sol des Etats-Unis pour un secret qui peut ébranler le pays.
Voici ma chronique du roman en cinq émotions
Inquiétude
Je fais un rêve, s’est dit un jour René Manzor en partant vivre aux USA. Mais il est en train de tourner au cauchemar. Comme il l’explique dans sa postface, il est américain de cœur, ses enfants sont nés là-bas. Les dérives actuelles l’ont poussé à écrire un thriller qui prend racine dans ce terreau extrémiste, totalitaire.
Cette histoire est donc aussi une conjuration de cette situation qui le marque au fer rouge, s’inscrivant dans cette déchirure d’un pays qu’il aime tant.
Intensité
Ce roman reste un vrai thriller, rythmé, vif et immersif. Manzor n’invente rien, utilise des ingrédients connus. Mais, dans ce sous-genre littéraire qui a tendance à trop réciter ses gammes, il a trouvé un angle d’attaque vraiment intéressant.
Il maintient le rythme en captivant son lecteur grâce à sa détermination à s’écarter des enquêtes policières conventionnelles, créant ainsi une tension qui l’entraîne avec lui.
Le récit s’appuie sur le principe bien connu de la traque et, pourtant, le livre trouve sa singularité à jouer avec les codes, de manière très cinématographique. C’est là toute la qualité d’un vrai raconteur d’histoires.
Nostalgie
René Manzor aurait pu tomber dans la facilité et inscrire son intrigue dans une grande ville. C’est le contraire qu’il a choisi, à la faire se dérouler en partie dans un village Amish.
Qu’on apprécie ou non ce mode de vie déconnecté des technologies, c’est à voir comme une sorte de retour aux sources, métaphoriquement ce qu’aimerait l’auteur pour ce pays. Qu’il retrouve certaines valeurs qui tendent à être effacées des mémoires.
Les plus anciens, comme moi, feront évidemment le lien avec un ancien film de Peter Weir, Witness, avec Harrison Ford (1985), pour l’ambiance créée.
Et puis, ça prend tout son sens au regard de la situation actuelle, ce sont sans doute les seuls à pouvoir survivre aux bouleversements actuels du pays.
Sympathie
L’écrivain a su rapidement créer un élément essentiel, l’empathie. On aime son jeune personnage principal, on est touché par les failles de sa mère, on s’intéresse au combat du père.
C’est une belle idée que de faire porter l’histoire sur les épaules d’un gamin de 11 ans, loin des super-héros habituels de ce genre d’intrigue. Le récit s’en trouve immédiatement humanisé, fidèle aux valeurs de l’auteur.
Derrière l’action, en creux, on sent vibrer cet amour filial dévoyé, mais loyal, et la tendresse d’une mère dépassée qui voit son enfant devenir trop vite adulte.
Rémanence
René Manzor est un chien renifleur qui hume l’air du temps, à travers les broussailles d’une société qui pourrit. À travers le divertissement assumé, il y a les odeurs fétides d’une dictature qui ne dit pas son nom.
La sincérité de l’auteur, la manière dont il est touché par la situation, son côté combatif aussi, font que l’on garde en mémoire davantage que la simple tension vécue à travers cette histoire construite avec le savoir-faire d’un conteur qui compte dans le milieu.
Et puis, petit plaisir personnel, je me souviendrai que la communauté Amish vit près de la ville de Strasburg :-).
Note personnelle
Les thrillers qui en valent la peine, à mes yeux, sont ceux qui divertissent tout en s’ancrant dans un contexte qui a du sens.
Ce roman, au-delà de son intrigue, est un coup de griffe. Sans doute un peu naïf, mais dont le « message » porte et fait aussi du bien.
Le roman est à voir comme un hommage à une Amérique déchue, celle de tous les possibles, qui étouffe actuellement ses propres valeurs. Ce texte me laisse l’impression d’avoir partagé quelque chose de viscéral avec l’auteur : sa colère, son amour blessé pour l’Amérique, son espoir fragile.
Au final, ce thriller fait montre d’un supplément d’âme, qui touche, qui crée de vraies émotions. C’est bien là l’essentiel, non ?
En résumé
Roman publié en septembre 2025
Huitième roman de René Manzor
Cinq émotions dominantes : Inquiétude, Intensité, Nostalgie, Sympathie, Rémanence.
Une lecture qui plaira aux amateurs de thrillers qui osent s’ancrer dans notre temps et ses dérives.
Résumé éditeur
Peter a 11 ans. Son père a quitté sa famille pour vivre seul dans un lieu qu’il tient secret. Pour toute explication, il a dit à sa femme que leur sécurité à tous les trois en dépendait. Mais, une nuit de tempête, il surgit chez eux, blessé, et les embarque dans un minivan, direction la Pennsylvanie.
Confusément, Peter a toujours su que ce jour arriverait. Chaque weekend depuis deux ans, son père l’entraîne au tir sur cible, à l’endurance, au combat à mains nues… Et entre deux exercices physiques, il l’initie aux échecs, lui fait apprendre par cœur des stratégies, des numéros de téléphone, des codes…
Menacé par des ennemis dont Peter ignore tout, son père a prévu jusqu’au moindre détail de leur exil. Malheureusement, le destin s’en mêle sous la forme d’un terrible accident. Peter et sa mère se retrouvent seuls pour affronter l’avenir, isolés dans une ferme en plein territoire amish, un monde hors de toute modernité.
Dans cette région inconnue, dans cette maison inconnue, Peter ne sait qu’une chose : « Ils viendront », comme lui a dit son père. Mais qui ? Quand et pourquoi ? Et que peut faire un garçon de 11 ans pour protéger sa mère ?
Pour aller plus loin
Lien vers la bande annonce du roman
Lien vers la page du roman sur le site de l’éditeur
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Catégories :1 lecture, 5 émotions, Littérature

Toi tu ne me dis pas tout 😉
Donc un auteur qui utilise sa voix pour parler de ce qui se passe aux US, ça devrait parler à qui ça ??
Bon, bon, bon…
normal que ça te parle, oui
Sais-tu qu’en plus de vivre près de Strasburg, la communauté Amish est née en Alsace, près de Ste Marie aux Mines? Ils y étaient présents jusqu’au début du XXe siècle.
Je serais curieuse de découvrir ce livre.
oui je sais, c’est un joli clin d’oeil 😉
Me fait bien envie et ta chronique est superbe merci
merci Corinne !
Ah mais que j’adore cette nouvelle approche des chroniques, moi ! Bon, par contre, ma wish grossit un peu trop vite…. 😆
Si la Belette adore, alors c’est gagné 😉
Je ne suis pas difficile non plus 😆
Superbe chronique 👍 j’ai vraiment envie de le mettre sur ma PAL. Merci.
c’est sympa merci :-). Il ne reste plus qu’à !
Ah le traître. Message de ma whislist. 🤣. Elle m’a encore écrit dessus, la poucave. Merci à toi pour le partage de la chronique 🙏 😘
ahahah ;-). Merci à toi !
J’ai beaucoup apprécié ta façon de présenter ce livre. Je note le nom de cet auteur. Bonne soirée
Voilà qui me fait plaisir ! Bonne découverte, alors !
Je l’avais déjà dans mon viseur mais là, tu confirmes 😊
René Manzor, je le note de suite… mais avec ta chronique, je le surligne !! Sympa cette nouvelle façon de présenter tes chroniques, j’aime vraiment beaucoup ! Merci à toi… 🙂
Merci, c’est sympa à toi, content que tu apprécies !
Je viens de la finir et je l’ai lu en apnée.
J’adore ce genre de thriller noir qui nous parle d’un monde, ou plus exactement d’un grand pays qui va mal, très mal.
Je lirai ta chronique après avoir fait la mienne, il ne faut pas que je me laisse influencer par ton talent à nous donner envie de relire un bouquin quand vient de finir, hein !
Alors à tous vite mon ami !
Tu peux reprendre ta respiration maintenant, tu es toute bleue 😉.
Merci pour tes gentils mots !
Oui 🐳 et j’ai même eu le temps de faire ma chronique, elle est programmée demain je crois….
Tu es dans le timing 😉
Pour une fois ! 😀