The nice house on the lake, tome 1
Un huis clos, rien de plus banal. Et pourtant, James Tynion IV au scénario et Álvaro Martínez Bueno au dessin ont réussi à faire sortir cette bande dessinée du lot. Sans oublier de noter l’étonnant travail de coloriste de Jordie Bellaire. Le premier tome de The Nice House On The Lake ne peut laisser indifférent.
La réussite de ce roman graphique tient autant de son scénario que de l’ambiance créée. Anxiogène, teintée d’une horreur larvée, d’une violence latente qui parfois explose. Les dessins torturés renforcent cette atmosphère qui prend à la gorge.
Bascule
L’intrigue est rapidement prenante, dans cette ambiance de fin du monde où un groupe de connaissances se retrouve sauvegardé (claquemuré) dans une maison de luxe au bord d’un lac. Pas tous des amis proches, mais des gens qui se sont croisés autour de l’énigmatique Walter.
Cet hôte va se révéler bien différent de ce qu’il paraît, l’histoire basculant rapidement dans l’étrange et la SF.
Les « invités » peuvent visiter les abords du lac, mais sont bloqués par un champ invisible enfermant (et protecteur). De quoi faire des découvertes de plus en plus surprenantes.
Prenant et déstabilisant
Impossible d’en raconter davantage. Une chose est certaine, je n’ai jamais lu une œuvre de ce genre, qui se singularise autant par son scénario que par sa mise en forme. Avec des passages décalés qui sont des retranscriptions de conversations ou des listes, qui coupent la narration et apportent une rupture intéressante.
Les dessins, les couleurs, les nombreux dialogues (il y a beaucoup à lire) créent un climat prenant, déstabilisant. Les questions s’accumulent, le lecteur se perd en conjectures, faisant de cette expérience de lecture un moment à part. Avec des planches qu’on prend en pleine face.
180 pages qu’on ne lâche pas, et un deuxième tome qu’on ne peut qu’avoir envie de dévorer à la suite.
Tortueux, pernicieux
Car derrière l’étrangeté de l’histoire se cache une profonde analyse des relations humaines, de la manière dont on peut différemment réagir à une telle expérience de groupe. On sait aujourd’hui qu’un confinement a des effets inanticipables.
La tension est palpable, les dessins tortueux, le concept mystérieux et brillant, le puzzle pernicieux, la coloration explosive, de quoi laisser des traces à la lecture de The Nice House On The Lake.
Une lecture chaudement recommandé à ceux qui veulent sortir de leurs habitudes, amateurs ou non d’histoires dessinées, d’autant plus que l’objet est superbe.
The nice house on the lake, tome 2
À la fois dans la droite ligne du premier tome, et un peu différent dans son approche à son début, ce deuxième recueil, toujours découpé en chapitres, tient toutes ses promesses.
La première partie tient clairement du thriller psychologique, avec les états d’âme mis à nu, les questionnements mis à mal, la tension et la colère qui montent.
Au bord de la folie
Le tout est toujours aussi oppressant, souvent déstabilisant, diablement captivant, toujours aussi créatif. Les personnages se retrouvent au bord de la folie, dans une ambiance formidablement bien mise en image par les dessins d’Álvaro Martínez Bueno. Avec une mention spéciale pour le travail de colorisation de Jordie Bellaire qui est pour beaucoup dans cette réussite.
Psychologie
L’intérêt ne faiblit pas, bien au contraire, les émotions sont parfois à fleur de peau, le rythme nerveux, le récit toujours aussi dense narrativement. Avec les interactions humaines toujours au centre du jeu.
La dernière page annonce la fin du cycle 1, on ne peut qu’attendre avec impatience de retrouver cette atmosphère avec The Nice House On The Sea.
Yvan Fauth
Sortie : Février / mars 2023
Éditeurs : Urban comics
Genre : BD
Traduit par : Maxime Le Dain
Prix : 18 et 21 euros
4ème de couverture du tome 1 :
Tous les conviés connaissent Walter – enfin, ils le connaissent un peu, en tout cas. Certains l’ont rencontré dans leur enfance, d’autres l’ont rencontré quelques mois auparavant. Et Walter a toujours été un peu… absent. Mais après une année difficile, personne n’allait refuser l’invitation de ce dernier dans une maison de campagne située à l’orée d’un bois et avec vue sur lac. C’est beau, c’est opulent, c’est privé – de quoi supporter les petites combines et les surnoms bizarres donnés par Walter. Mais ces vacances de luxe revêtent très vite des airs de prison dorée.
En savoir plus sur EmOtionS, blog littéraire
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
Catégories :Littérature

Je ne connais pas cette BD….
Une découverte à faire 😉
Mais je suis pas très BD…:-/
de temps en temps 😉
Jamais entendu parler de cette BD ! Ça c’est chouette 😉
J’ai vu passer ça par hasard récemment, ça m’a tout de suite donné envie. Elle a eu un grand succès cette BD ! Ça me conforte dans l’envie de continuer à en lire de temps en temps
Connais pas non plus, mais je te fais confiance. Rien que les dessins me filent les pétoches avec les maïs. Merci à toi pour le partage 🙏 😘
eheh tu as eu vite peur !
Le souvenir des champs de maïs d’Helena de Jeremy Fel me poursuit 😁
Ça se comprend 😉
C’est fou ça, des champs de maïs et j’ai la trouille. C’est vrai que ça fait toujours un drôle de bruit avec le vent 😁
C’est excellent ! Et le 3eme tome est sorti fin avril. J’ai hâte de le lire. On y apprend qu’il y a d’autres « Walter » et d’autres endroits comme la maison au bord du lac…
Je suis très curieux de lire la suite aussi !
Deux comics que j’ai adoré et pourtant, au départ, j’ai été déstabilisée, mais ensuite, quel kif, quel pied ! J’attends de lire la suite avec impatience, la biblio ne l’a pas encore acheté 😉
on est d’accord ! Déstabilisant mais immersif, vivement la suite
Oui, je l’attends avec impatience !
Malgré une chronique assurément tentatrice, rien à faire, moi la BD ça ne passe pas…