Romans 2024 – 5 dystopies à ne pas rater

Romans 2024 – 5 dystopies à ne pas rater ! Voici des histoires qui imaginent le futur, des romans tous publiés lors du premier semestre 2024. Des idées à la pelle, de profondes réflexions, des histoires prenantes au possible et des écritures magnifiques.

A recommander au plus grand nombre, habitués ou non de ce genre de récits.

Bonnes découvertes, bonnes lectures !

Hervé Le Corre – Qui après nous vivrez (Rivages)

Ce roman frappe. Dur. C’est un peu le livre des illusions perdues. Qui raconte des pans de vies de personnages du quotidien, en survivance. Plusieurs choses marquent rapidement à cette lecture. La noirceur crépusculaire. La construction audacieuse. L’écriture puissante au possible.

Plusieurs périodes, entre celle d’une cité qui s’effondre, et celle d’une sorte rural noir se déroulant d’ici un siècle. Une atmosphère qui se prête totalement à ce genre de roman noir, proche de la nature. Par obligation, dans un monde de régression.

Qui après nous vivrez, dans une violence sans fin, héros du quotidien et instinct de conservation. Hervé Le Corre, si noir, si juste, humainement déchirant. Un texte d’une puissance narrative qui laisse de profondes traces. Sublimé par ce talent, terriblement évocateur, qui a trouvé là le terrain pour aller encore plus loin dans sa vision du monde. Effrayant mais remarquable.

Lien vers ma chronique complète

4ème de couverture

À la fin du XXIe siècle, dans une grande ville de province, une jeune femme et son compagnon viennent malgré les crises à répétition, de donner naissance à un enfant. Un jour, le réseau électrique français s’effondre et une émeute plus violente que les autres éclate. Le jeune père ne rentre pas chez lui. Pour sa compagne, l’angoisse va grandissant. Trois générations plus tard, dans un monde où toute technologie avancée a disparu, un petit groupe de gens a trouvé un abri de fortune dans une maison campagnarde qui a échappé à la destruction.
Pas pour longtemps. Des pillards vont bientôt l’incendier et les survivants vont devoir fuir sur les routes avec leur carriole et leur cheval. Commence une épopée proche du western, où chaque jour l’enjeu est de survivre…

Christopher Bouix – Tout est sous contrôle (Au diable vauvert)

Ce roman joue sur plusieurs tableaux, plusieurs ambiances, il cache aussi son jeu dans cette société où tout est devenu public. Comédie ou tragédie ? Les deux, pour un texte étonnant et vraiment jubilatoire.

Cynique, impertinent, visionnaire, drôle, flippant. Un mélange de tons et d’émotions qui font que ces 400 pages se dévorent.

Je dois vraiment insister sur la narration, bourrée de trouvailles stylistiques, à l’image des passages qui concernent la névrosée de service. Les chapitres où elle tente de dominer son acrimonie intérieure sont aussi drôles que terribles. Du grand art.

Lien vers ma chronique complète

4ème de couverture

À qui profite le bonheur ? 

Bienvenue dans un monde parfait. Ici la vie heureuse s’étale quotidiennement sur le réseau HappyApp, où l’indice de bonheur individuel donne accès à ce que la société réserve aux meilleurs. Offres premiums, métier et logements hauts-de-gamme, et surtout parentalité, désormais réservée aux citoyens les plus épanouis.

Jeunes, beaux, amoureux, jusqu’où Juliette et Néo Lanhéry seront-ils prêts à aller pour y accéder ?

Benjamin Fogel – L’absence selon Camille (Rivages)

L’absence selon Camille coche toutes les (bonnes) cases. À la fois anticipation singulière, polar atypique, roman noir social et politique subtil, thriller tendu, récit choral prenant. Benjamin Fogel a trouvé la recette pour combiner avec intelligence et talent tous ces ingrédients.

L’auteur a imaginé son monde futur avec soin, poussant les réflexions et les idées très loin, avec subtilité et force. Tout est réuni pour passer un formidable moment de lecture, original, palpitant, fascinant, enrichissant. Le rythme ne faiblit pas, porté par une écriture dynamique, les idées fusent, à la pelle, parfaitement intégrées dans le récit.

On pourrait faire un parallèle avec un long épisode de la série Black Mirror, poussé dans ses retranchements, pensé dans ses moindres détails, construit pour surprendre et pousser aux questionnements. Avec des thématiques puissantes, sans jamais oublier l’aspect ludique.

Lien vers ma chronique complète

4ème de couverture

2060 : la vie en ligne a supplanté la vie réelle. « Malgré la transparence, on vous ment » : ce slogan qui vient d’apparaître sur les murs de Paris inquiète les forces de l’ordre. Sébastien Mille, vieux flic bénévole, et sa fille, la commissaire Holly Mille, enquêtent sur l’origine de ces graffitis. Léonard Parvel, 13 ans, fait partie des taggeurs. Persuadé que son père disparu est membres des Obscuranets, mouvement révolutionnaire qui lutte contre la prolifération du virtuel, il participe à des actions insurrectionnelles dans l’espoir de retrouver sa trace.

Christopher M. Hood – L’heure du retour (Sonatine)

C’est l’histoire d’un monde d’après, un possible. Inspiré de ce qui est arrivé récemment, imaginé autour d’un monde d’après pandémie. Christopher M. Hood raconte la suite, en se focalisant sur les personnages, sur une famille en particulier.

On est loin du récit nerveux ; pas de chapitres courts mais de longs passages de vingt à cinquante pages ; mais il réserve de nombreuses péripéties et surprises au cours des relations en chemin.

Christopher M. Hood propose un road trip d’une profonde humanité, dans un monde déconstruit. L’Heure du retour pour des retrouvailles en famille ? Le voyage mérite d’être vécu.

Lien vers ma chronique complète

4ème de couverture

Une odyssée familiale haletante à travers les routes d’une Amérique en cendres.

2040, État de New-York. Bill et Penelope mènent une vie à peu près normale. Certes, leur pelouse a laissé place à un potager, et ils se nourrissent désormais de ses légumes. Ils ne dorment plus dans leur chambre, mais sur un matelas près de la cheminée. Quelques clients fréquentent encore le cabinet de psychanalyse de Bill, cependant ils le paient non plus en dollars, mais en boîtes de conserves. Des lubies ? Non, simplement un virus venu des glaces de l’Islande qui a décimé le monde, privant les hommes d’à peu près tout, faisant disparaître dans son sillage les matières premières, l’ordre social et la civilisation. Lorsque Bill et Penelope apprennent que leur fille Hannah, coincée sur son campus en Californie depuis le début de l’épidémie, a rejoint un culte inquiétant appelé les Revivalistes, le couple décide de traverser les États-Unis à bord de leur vieille Subaru pour aller à son secours. Mais sur un territoire en proie à l’anarchie, aux gangs et à la radicalité extrême, leur voyage va s’avérer pour le moins périlleux.

Sophie Loubière – Obsolète (Belfond)

Vous vous dites d’emblée : ces histoires ont été racontées déjà maintes et maintes fois, à décrire un monde post-apocalyptique. Détrompez-vous. Non seulement l’autrice n’est pas tombée dans la facilité, mais elle a pensé et construit son univers dystopique sans jamais tomber dans les excès et la caricature, sans surjouer le catastrophisme à tout-va.

C’est un récit engagé pour les femmes, mais pas d’un féminisme à deux balles, d’ailleurs les personnages masculins y ont aussi une place de choix. C’est une vision lucide, mais pas un pamphlet écolo déconnecté des humains.

Quelle richesse, quel travail, quelle merveille de texte ! Mon enthousiasme pour cette lecture est une bénédiction, tant j’ai été emporté et subjugué par le talent, l’inventivité de ce roman. Touché par la finesse et l’intelligence, transporté par les émotions. Obsolète est un bijou d’une belle profondeur, écrit et raconté avec une subtilité rare, pour bien tenir compte de la fragilité du quotidien.

Lien vers ma chronique complète

4ème de couverture

La femme, un produit sans grand avenir ?

2224. Depuis le Grand Effondrement de la civilisation fossile et les crises qui ont suivi, l’humanité s’est adaptée. Économiser les ressources, se protéger du soleil, modifier son habitat, ses besoins, et adhérer au tout-recyclage. Y compris celui des femmes.

Afin d’enrayer le déclin de la population, toute femme de cinquante ans est retirée de son foyer pour laisser la place à une autre, plus jeune et encore fertile.

L’heure a sonné pour Rachel. Solide et sereine, elle est prête. Mais qu’en est-il de son mari et de ses enfants ? Car personne n’est jamais revenu du Grand Recyclage. Et Rachel sent bien que le Domaine des Hautes-Plaines n’est pas ce lieu de rêve que promet la Gouvernance territoriale aux futures Retirées…


En savoir plus sur EmOtionS, blog littéraire

Subscribe to get the latest posts sent to your email.



Catégories :Littérature

Tags:, , , , , , , , ,

11 réponses

  1. Heureusement que tu es là pour la piqûre de rappel. Merci à toi 🙏 😘

  2. Bonjour et merci ☺️ j’avais déjà mis des options sur le Hervé le Corre et obsolète !
    Belle journée

  3. lili_bookncook – Je n'ai qu'une devise : un livre, une gourmandise ! Retrouvez-moi sur le blog Book'n'cook (http://bookncook.over-blog.com/) pour des aventures livresques et sucrées et désormais sur YouTube (Book'n'cook, toujours...). Le principe ? Allier littérature et pâtisserie, un programme plein de saveurs...

    Une belle sélection que je m’empresse de noter… Merci !

  4. Lilou – Passionnée d’égyptologie, amoureuse du Québec, adore les arts et la culture, lectrice compulsive, chroniqueuse...

    Obsolète est l’un de mes gros gros coups de coeur de l’année !! Hervé Le Corre est prévu…. je note les autres ! merci à toi 🙂

  5. Nath - Mes Lectures du Dimanche – Polars, thrillers, romans noirs...

    2 de lus, et excellentes avec ça !

  6. Collectif Polar : chronique de nuit – Simple bibliothécaire férue de toutes les littératures policières et de l'imaginaire.

    Bon ben je note ceux que je n’ai pas !
    2 quand même, hein ! 😁

Laisser un commentaireAnnuler la réponse.

En savoir plus sur EmOtionS, blog littéraire

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture

%%footer%%