L’essentiel est de juger un texte sur sa puissance, davantage que sur sa longueur. Même si, pour moi, La Langue des choses cachées s’apparente davantage à une longue nouvelle, ce conte cruel marque par la qualité de l’écriture de Cécile Coulon et la puissance de ce qu’elle dégage.
130 pages à lire d’une traite, plongé dans le cœur de la noirceur des Hommes.
Un conte…
Le récit est tout d’abord une ambiance, sombre à l’instar de l’endroit où il se situe, un village perdu qui ne voit jamais le soleil, flirtant parfois avec le fantastique. Il est ensuite poésie, grâce à une écriture qui s’envole au-dessus de ces terres arides et ténébreuses, mais qui sait frapper dur. Il est vivant grâce à ses personnages, atypiques, vibrants, marquants.
Oui, c’est bien un conte, écrit avec une langue à l’ancienne, même si on comprend vite qu’il est compliqué de dater le moment de l’action.
… élevé par la plume…
Cette histoire âpre mais élevée par la plume, terrifiante par ce qu’elle sous-tend, est d’une sensibilité à donner des frissons.
L’autrice dit l’ignominie avec pudeur, les atrocités n’en sont que plus prégnantes. Mais elle sait aussi frapper fort, frayant même avec l’horrifique, pesant les mots, jouant avec eux.
Et en creux, l’histoire de cette filiation, cette passation de pouvoirs qui se joue en dualité, avec comme terrain ce bourg isolé. Un jeune homme qui va devenir l’adulte, brutalement.
… qu’il souligne en rouge sang
Le texte sert le sort des femmes, la brutalité qu’elles subissent, le silence qui accompagne les actes. Sa puissance narrative souligne en rouge sang les abominations. Jusqu’à un final terrible, terrifiant.
J’aurais vraiment aimé que l’écrivaine donne davantage de place à ses personnages, ils sont si singuliers et si saisissants qu’ils auraient mérité de vivre plus longtemps, sur davantage de pages, à mon sens.
Cécile Coulon maîtrise La Langue des choses cachées, sait dire l’indicible, avec une poésie en prose qui fait vibrer l’âme du récit.
Yvan Fauth
Sortie : 11 janvier 2024
Éditeur : L’iconoclaste
Genre : Conte noir
Prix : 17,90 €
4ème de couverture
À la tombée du jour, un jeune guérisseur se rend dans un village reculé. Sa mère lui a toujours dit : » Ne laisse jamais de traces de ton passage. » Il obéit toujours à sa mère. Sauf cette nuit-là.
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Catégories :Littérature

J’ai lu plusieurs chroniques depuis le livre et la tienne aussi parle de conte ou de conte philosophique .
C’est drôle parce que je n’ai absolument pas vu cet aspect.
Très belle chronique en tout cas qui fait revivre les émotions, le signe d’un grand livre ♥️
au-delà des mots et des définitions, il y a le texte, chacun le ressent selon sa sensibilité 😉
Oui ça je comprends bien mais cela ne m’empêche pas de m’interroger sur l’aspect du conte 😉
C’est sans doute la taille du texte qui fait penser à ça aussi
À Conte j’ai préféré fable à la prose poétique sur le coup de cœur en librairie.
Oui retenons la puissance et l’immense beauté de ce texte. Différent des précédent mais aux accents identiques: ruralite, violence intra ou extra familiale.
Du merveilleux noir
Oui une fable, ça lui va bien. Sacrée écriture
Bon je sais que je ne le lirai pas même si après ta chronique, il me tente bien !
Mais trop de retard….
La poésie jusqu’à l’ignominie. Merci à toi pour la chronique 🙏 😘
J’ai envie de le lire depuis qu’elle en a parlé à LGL 😉
Cela fait trop longtemps que je dois lire cette autrice… et puis trop de livres à lire, pas encore fait. C’est peut-être l’occasion, car ta chronique m’a intriguée même si je ne suis pas fan des nouvelles, même si là c’est un peu plus long. Merci à toi !
c’est l’occasion, ça ne te prendra que peu de temps 😉