Interview – 1 livre en 5 questions : Terra Nullius – Victor Guilbert

1 livre et 5 questions à son auteur, pour lui permettre de présenter son œuvre

5 réponses pour vous donner envie de vous y plonger

VICTOR GUILBERT

Titre : Terra Nullius

Sortie : 03 mars 2022

Editeur : Hugo

Lien vers ma chronique du roman

C’est une idée intéressante que de placer l’action dans une décharge pour parler de notre monde…

La décharge est un lieu qui en dit beaucoup sur une civilisation. Les archéologues font d’ailleurs les poubelles de nos ancêtres pour en apprendre davantage sur eux ! La décharge est particulièrement révélatrice à notre époque qui a conscience de sa surconsommation sans parvenir à réfréner son appétit de posséder. Et ce cimetière d’objets est par ailleurs une manne pour ceux qui n’ont pas accès à cette consommation outrancière. Les laissés-pour-compte de cette société offrent une deuxième vie à ces déchets.

Ton personnage de flic est vraiment atypique, un brin neurasthénique, plutôt névrosé, et qui laisse faire les choses…

C’est un contemplatif, un peu dans la lune. C’est vrai qu’il laisse les choses venir à lui, il est persuadé d’être un mauvais flic sans pour autant être capable de faire quoi que ce soit d’autre. Et chaque fois, l’enchaînement des événements lui prouve qu’il a tort, puisque son originalité permet de résoudre les mystères. C’est par ailleurs un solitaire, qui passe beaucoup trop de temps avec lui-même, alors il a tendance à trop cogiter. Et il soigne son addiction à la cigarette à coup de chocolats et embrasse son addiction à la bière en en buvant un peu trop.

Ton écriture est à la fois mélancolique, pleine d’humanité et aussi d’humour. C’est un mélange étonnant…

L’humour et la mélancolie, c’est un peu mon quotidien ! Quand j’écris, j’aime me mettre dans un certain état pour parvenir au résultat que je recherche. Avec Hugo Boloren, je n’ai pas vraiment besoin de faire semblant, je m’appuie sur qui je suis et ce que je connais, c’est rafraîchissant. Par ailleurs, j’aime la poésie parce que je trouve que c’est le genre qui dit le mieux le mal-être, la mélancolie, et j’aime le polar parce que c’est un genre profondément humain. Si j’en étais capable, j’écrirais des polars lyriques en alexandrin !

Je vois la manière dont tu as mené le final comme un hommage aux enquêtes comme celles d’Hercule Poirot, je me trompe ?

Tu as tout à fait raison ! Je place beaucoup de clins d’œil plus ou moins évidents dans chacun de mes livres. Il y a des phrases tirées de poèmes, certains de mes personnages ont des noms qui sont des hommages à d’autres romans… Et j’aime glisser un flot de références. Dès le début de la rédaction de Terra Nullius, j’avais très envie d’un final à la Agatha Christie, dans cette décharge, avec tous ces personnages en équilibre sur des monticules de déchets, attendant l’ultime révélation.

Ton roman a obtenu le prestigieux prix « Le Point » du Polar européen 2022. Qu’est-ce-que ça change pour toi ?

L’écriture est une activité très solitaire, je doute énormément, j’ai toujours la sensation de ne pas être à la hauteur, de ne pas faire assez bien… Alors un prix comme celui-là, ça apaise l’esprit ! Je me dis qu’au moins, un petit groupe de personnes a trouvé une fois, à un instant T, que j’avais écrit un truc valable. Malheureusement, ça ne dure qu’un temps, après, les angoisses reviennent ! Mais sur un plan plus concret, le prix m’a donné un peu de visibilité, c’est certain. J’ai eu de jolis articles dans des journaux de renom et j’ai été contacté par des professionnels du monde du livre et du cinéma pour évoquer d’autres projets.



Catégories :Interviews littéraires

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2 réponses

  1. C’est fou ces gens qui écrivent et qui doutent quand même. Heureusement que tu es là Yvan pour les mettre en avant. Merci à vous deux pour ce bel échange 🙏😘
    Victor, soyez indulgent avec vous même ❤️

  2. Un échange intéressant, en effet, cela donne envie de découvrir le livre !

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