Interview – 1 livre en 5 questions : Toute la violence des hommes – Paul Colize

1 livre et 5 questions pour permettre à son auteur de présenter son œuvre

5 réponses pour vous donner envie de vous y plonger

PAUL COLIZE

Titre : Toute la violence des hommes

Sortie : 05 mars 2020

Éditeur : Hervé Chopin

Lien vers ma chronique du roman

Il est question d’un meurtre, mais ton roman est inclassable. Et toujours avec cette part importante de réalité…

Le meurtre n’est pas l’enjeu principal du roman. La vraie question est de savoir qui est Niko Stankovic, le personnage central du roman. Que cachent ses fresques? Pourquoi se réfugie-t-il dans le mutisme? Est-il responsable ou non de ses actes?

Les experts psychiatres ne parviennent pas à trancher. Son avocat non plus. La directrice de l’établissement où il sera mis en observation est sceptique. Je laisse au lecteur la dure tâche de décider.

Certains rapprochent l’art de la folie…

Le mythe de l’artiste fou est ancré dans la mémoire collective. Quelle que soit la discipline; peinture, sculpture, littérature, des personnages comme Van Gogh, Dali, Claudel ou Artaud en sont des exemples emblématiques.

Je pense que les artistes bénéficient d’une plus grande sensibilité. Pour certains, elle trouve ses racines dans un passé tumultueux. Leurs œuvres sont des exorcismes, une forme de résilience ou un espoir de rédemption. C’est le cas pour Niko.

Tes personnages sont complexes et très attachants. Il faut creuser le vernis pour vraiment les découvrir et les comprendre…

Je me dis la même chose chaque fois que je te rencontre. Cela dit, il en va de même pour beaucoup de gens. Le côté cour et le côté jardin réservent parfois des surprises étonnantes. Le contraste est encore plus marqué concernant les réseaux sociaux où les gens s’inventent une vie qui n’est pas la leur.

Tu aimes changer de ton de livre en livre. On retrouve moins ton côté pince-sans-rire dans celui-ci…

Pour cet opus, j’ai passé le relais à Pauline Derval, un des personnages de l’histoire, une femme froide et autoritaire, surnommée Folcoche par son personnel. Contrairement aux apparences, elle est consciente de l’image qu’elle donne et de la crainte qu’elle inspire et s’en amuse beaucoup. Je la verrais bien dans un film des frères Coen.

Ton récit est aussi l’occasion de dénoncer certaines conditions d’incarcération et d’internement, en Belgique…

Imaginons la chose suivante.

Votre voisin écoute AC/DC (j’adore AC/DC) à fond la caisse un dimanche soir. Vous pétez un plomb, vous prenez votre hache, vous enfoncez sa porte et vous le fendez en deux dans le sens de la longueur. À présent, vous avez deux options. Soit, vous êtes déclaré responsable de vos actes et vous allez passer une vingtaine d’années en prison. Soit, vous êtes déclaré non responsable de vos actes et vous allez passer le reste de votre vie dans une quelconque annexe psychiatrique. Que choisissez-vous ?



Catégories :Interviews littéraires

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2 réponses

  1. J’aime AC/DC. C’est toute ma jeunesse. J’ai adoré ce livre, je l’ai trouvé bourré de talent. Et j’ai adoré Folcoche, ( Pauline). Ça a été une révélation. Merci à vous deux pour ce bel échange 🙏😘

Rétroliens

  1. Toute la violence des hommes - Paul Colize - EmOtionS - Blog littéraire

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