Ça ne coûte rien de demander – Sara Lövestam

Il est loin le temps où un détective se devait d’être obligatoirement viril, alcoolique, déprimé et profondément ancré dans les racines de son pays. Le personnage principal des enquêtes de Sara Lövestam est l’antithèse même de ces stéréotypes-là, et c’est un élément qui est pour beaucoup dans la réussite de ce roman.

Nouvelle forme de polar

Deuxième enquête de Kouplan, émigré iranien sans-papiers en Suède, après Chacun sa vérité. Un personnage qui s’improvise détective privé malgré sa situation de vie inextricable. Improbable ? La question ne se pose clairement plus dès les premières pages, tant Kouplan est profondément attachant.

Le premier roman de la série était bon, celui-ci est formidable. Pas tant par l’intrigue en elle-même, presque secondaire, mais par les personnages et ce qu’ils véhiculent. Peut-on parler de polar ? Pas vraiment, ou alors sous une nouvelle forme, très moderne (loin de l’image véhiculée par sa couverture vieillotte). Un format qui ouvre encore davantage le prisme sur le monde qui nous entoure. Pas le genre à proposer des rebondissements à chaque paragraphe, mais plutôt à installer une ambiance prenante.

Ça ne coûte rien de demander est donc le second volet d’une tétralogie. Tout à fait lisible et appréciable individuellement, il met en valeur cet étonnant iranien qui veut devenir suédois. Je conseille donc de lire le premier avant (voire les deux à la suite, c’est encore mieux !).

Apparences

Il est, cette fois-ci, question d’escroquerie. Et d’apparences. A lire au premier et au second degré, tant ces thématiques entrent en résonance avec l’histoire personnelle des protagonistes et la manière dont tourne (à l’envers) notre société. Parce que Kouplan a beaucoup de soucis avec les apparences, et ça le rend encore plus émouvant.

La plume de Sara Lövestam est au niveau de son personnage, à la fois décalée et sonnant pourtant juste. Elle sait rajouter cette subtile dose de dérision qui fait qu’on se prête à sourire parfois, même dans des situations dramatiques.

J’avais été agréablement surpris par l’audace et l’originalité de Chacun sa vérité. Ça ne coûte rien de demander m’a passionné et bluffé, et il me tarde de retrouver Kouplan, le genre de personnage rare (très rare) qui marque durablement les esprits. Décidément, Sara Lövestam est à suivre de très près.

Sortie : 11 janvier 2018

Éditeur : Robert Laffont / La Bête Noire

Genre : Polar / Roman noir

Traduction : Esther Sermage

Ce que j’ai particulièrement aimé :

Le personnage principal, exceptionnel !

Le ton utilisé

Les thématiques et la vision de notre société

4° de couverture

« Si la police ne peut rien pour vous, n’hésitez pas à faire appel à moi. » Kouplan, détective sans-papiers.
Ça y est, l’autoproclamé « détective » Kouplan, immigré iranien à Stockholm, n’a plus un rond. Il en est réduit à collecter des cannettes vides pour les revendre contre quelques pièces.
En fouillant dans les poubelles du quartier huppé de Lidingö, il croise le chemin de Jenny Svärd, conseillère municipale aux dents longues, dont il surprend la conversation : Jenny vient de se faire escroquer par son amante, qui a disparu dans la nature avec deux cent mille couronnes. Puisque ça ne coûte rien de demander, Kouplan saute sur l’occasion pour lui proposer ses services d’enquêteur…



Catégories :Littérature

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15 réponses

  1. Encore une superbe chronique qui me dit « Comment as-tu pu passer à côté de cet auteur, vilaine ? ». Ce n’est pas comme si je ne suivais pas l’actualité littéraire… Merci Yvan pour cette piqûre de rappel… Bonne journée et bon week-end 😉🙂

  2. Ta chronique me donne très très envie de le lire celui-là 🙂 Je me le note !

  3. Je l’ai dans ma PAL 😉 tu me conseil de lire « chacun sa vérité » avant?

  4. Si tu me l’avais demandé, je t’aurais dit que pour faire un « ç » en majuscule, il suffisait de faire ALT+0199 (sans le signe plus, bien entendu, je veux juste dire que tu appuie sur alt et que sans bouger ton doigt, tu pianotes sur le pavé numérique le 0199) et voilà le travail : Ç

    Pitoyable secrétaire que tu es !! 😀 Je note le livre, tiens, rien que pour le plaisir 😉

  5. Superbe billet ! J ai découvert cet auteur avec ce livre et vais attaquer le premier. Etant née en Iran, j’ai d’autant plus accroché ! Comme tu dis ce « polar » d un nouveau genre vaut le coup mais comme toi je pense que la couverture vieillote n attirera pas. Reste le bouche à oreille !

  6. Je suis en train de prendre un sacré retard avec La Bête Noire, j’ai tous leurs titres en stock mais comme d’hab le temps fait défaut…

  7. J’avais adoré le premier et surtout son détective décalé Kouplan !
    celui-ci je l’ai a lire, il me faut juste trouvé le temps !
    Merci pour cette belle chronique sire Yvan !

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