Interview littéraire 2014 – Samuel Gance

interview litteraire00 Samuel Gance

Samuel Gance est l’auteur du roman La chapelle des damnés, paru fin 2013.

Un roman sombre, à l’atmosphère pesante et au sujet d’une belle originalité. Un roman difficile à cataloguer, qui plaira aux amateurs de fantastique comme aux lecteurs de romans noirs.

En tout cas, une belle réussite et une excellente raison de découvrir l’auteur à travers cet entretien.

Merci à lui pour sa sincérité et sa passion des mots !

Ma chronique du roman

Question rituelle pour démarrer mes entretiens, pouvez-vous vous définir en trois mots, juste trois ?

Passionné, obstiné, fragile.

Qui êtes-vous, Samuel Gance ?

Père et Grand-père (eh oui…), marié depuis 25 ans. Auvergnat par ma mère et ma naissance et Breton du côté de mon père. Réunionnais, Italien et Sud-Africain de cœur. Passionné de rugby, collectionneur d’arts premiers et d’art populaire ancien. Dans la « vie réelle » (mais qu’est-ce que la réalité ?) je travaille pour vivre (et non l’inverse !).

Écrire restera toujours un plaisir (mieux, un exutoire) et si je devais en vivre un jour, je me considérerais comme étant à la retraite. Un glandeur ! Le rêve… En attendant, et comme je ne crois ni au Père Noël ni aux jeux de hasard – ni à rien d’ailleurs – je suis pharmacien dans une importante clinique chirurgicale, avec plein de boulot et plein de burn-out…

Difficile de catégoriser votre roman. Fantastique ? Suspense ? Thriller ?

Mon premier roman était une biographie romancée et épique, un bouquin totalement différent. J’aime bien changer de style d’écriture pour trouver ce qui me correspond le mieux. Celui-là, l’éditeur l’a classé « suspense », mais à quoi bon classifier ?

Il y a un début des plus classiques, presque une bluette romantique, avec le héros qui tente de fuir son propre malheur et qui fait des rencontres amoureuses. Et puis, parallèlement, il y a la chapelle. Et à partir de là, les choses dérapent crescendo, au fil des pages, sans vraiment s’en rendre compte. La fin penche résolument vers le fantastique, mais chacun peut y voir autre chose s’il le souhaite, du thriller, du polar, de l’ésotérisme.

Si on a du mal à le classer, ce n’est pas forcément voulu mais c’est bien aussi… Une chose est sûre, c’est plutôt noir.

Vous avez porté un soin particulier à l’atmosphère du roman, pesante et inquiétante…

J’ai essayé de faire de mon mieux. Je me mets en situation, à la place des personnages, et je laisse naître les mots. Mais le résultat ne peut être jugé que par les lecteurs. Je suis très heureux que vous ayez apprécié cette atmosphère, mais d’autres peut-être aimeront moins, c’est le jeu… Moi, je suis toujours incertain du résultat.

C’est souvent le pur hasard qui crée, ou non, l’émotion. Je ne crois pas au don, au talent et à toutes ces foutaises, pour moi tout le monde est capable d’écrire et de créer l’émotion, il suffit de se lancer.

On sent une forte influence de la littérature fantastique anglo-saxonne tout au long de votre intrigue…

J’ai lu beaucoup de livres au cours de mon adolescence (les classiques scolaires, Stephen King bien sûr, Clive Barker etc…), il en reste sûrement quelque chose. Mais, là encore, ça n’est pas forcément voulu, un peu d’imprégnation et mes goûts littéraires qui ressortent au bon moment. Je n’ai pas d’admiration particulière pour un écrivain en particulier (ça vaut pour moi aussi, vous l’aurez compris) même si j’aime bien certains livres de Stephen King ou d’André Brink, ou d’autres encore. Mais dans une « œuvre », il y a aussi des ratés, donc il faut rester modeste et ne pas se prendre la tête !

Le roman est assez court, était-ce un choix délibéré dès le départ ?

Oui. J’ai pas mal coupé dans le manuscrit de départ. C’est un choix délibéré de ma part, car je ne voulais pas lasser… Il vaut mieux un roman court qui laisse un goût de « reviens-y » qu’un pavé indigeste qu’on n’arrive pas à terminer (comme ça m’est arrivé récemment avec un grand auteur dont je tairais le nom car « la critique est aisée mais l’art est difficile » comme disait mon grand-père).

« La chapelle des damnés », est un roman qui se déroule dans les années 80, pourquoi ce choix ?

D’abord par nostalgie pour ces années post-seventies de mon adolescence. Ensuite parce que je les connais bien. Et puis parce que l’absence de portables, d’ordinateurs etc… rendait le huis-clos encore plus étouffant.

Quelques mots sur la couverture ?

Il s’agit d’un détail du triptyque du Jugement dernier de Hans Memling « Les damnés envoyés en enfer » peint vers 1467-71.

N’oublions pas que l’histoire fait référence à des fresques anciennes dans une chapelle. La couverture a été choisie par l’éditeur, tout comme le titre (moi j’avais proposé « Doux comme l’oubli », mais ça a été retoqué…).

Je sais que la couverture rebute beaucoup de gens, mais aussi qu’elle plait bien à d’autres. Elle a au moins une qualité (en dehors de sa qualité picturale indéniable), c’est qu’elle annonce clairement la couleur : le roman est sombre !

Partant de là, il est curieux de vouloir se faire peur en lisant un roman noir si l’on a peur d’une simple image sur sa couverture, non ? Pour le prochain, j’exigerai une couverture plus consensuelle !!!

Pouvez-vous nous en dire davantage concernant vos futurs projets ?

Plusieurs directions :

Un manuscrit (déjà écrit avant même « La chapelle des damnés », mais qui évolue sans cesse) qui continue de vivre sa petite vie de projet, en attendant d’exister en tant que livre. Les aventures exotiques d’une activiste écolo (mais une vraie celle-là), très politiquement incorrecte… Un truc qui me tient vraiment à cœur.

Plus deux autres histoires, moins avancées, et plus dans la veine de « La chapelle des damnés », voire même résolument plus « fantastique ».

Ce blog est fait de mots et de sons. La musique prend-elle une part dans votre processus créatif ?

Non pas vraiment. J’écris dans le silence. Par contre j’adore la musique, surtout les vieux groupes des années 70 (Doors, Led Zep, Pink Floyd, etc…). Un de mes plus grands regrets, c’est de ne pas savoir jouer (bien) d’un instrument. Je m’amuse parfois à « composer » des bribes de morceaux à la guitare, mais il vaut mieux que ces airs restent profondément enfouis dans ma tête…

Vous avez le choix entre nous donner le mot de la fin ou votre dessert préféré…

Eh bien je prendrais bien un bon baba au rhum, avec un litre de rhum au moins, comme celui que me faisait ma Mémé (parce qu’on a beau être Auvergnat, on n’est pas radin sur l’humidifiant…)



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15 réponses

  1. Il me plaît bien « ce » Samuel dans ses raisonnements ! Encore quelqu’un de vrai !! Merci Yvan

  2. Il a l’air bien sympathique et le mot alcoolique de la fin boucle bien. 🙂

  3. Il me plaît bien, ce roman !! Je pense que tu as réussi ton pari, une fois de plus 😈

    Merci, Yvan 😉

  4. Ohhh ben dis donc…je me le note…tu as réussi encore une fois…t’es trop fort toi!!!! Ce monsieur me semble très sympa en plus!!!!

  5. Une sincérité étonnante voire déroutante…
    Et puis quelqu’un qui aime le baba au rhum gagne forcément à être connu ! ^^

Rétroliens

  1. Interview du 03 mars 2014 « Samuel Gance
  2. Récapitulatif des interviews – Janvier / Mars 2014 | EmOtionS – Blog littéraire et musical
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