La chapelle des damnés – Samuel Gance

chronique littéraire4° de couverture

samuel-gance-la-chapelle-des-damnc3a9sIvo Varmon, un archéologue en pleine dépression suite à un drame familial, choisit de partir sur les routes de France pour tenter d’oublier.

Il est vite rattrapé par son instinct quand, au détour d’une forêt profonde, il découvre ce qu’il croit être une petite chapelle perdue.

Bien décidé à fouiller dans ce bâtiment qui l’intrigue beaucoup, il s’installe dans le village voisin, peuplé de personnages au comportement étrange…

Mon ressenti

Damned, que voici un roman original ! Dans l’univers littéraire actuel où beaucoup de romans se ressemblent, le moins que l’on puisse dire c’est que Samuel Gance a su trouver sa voie (voix) avec ce court roman.

Catalogué « suspense », ce roman est tout à la fois original et respectueux d’une vieille tradition d’histoires anglo-saxonnes qui flirtent avec le fantastique (comme certaines nouvelles de John Connolly, Lovecraft ou d’anciens récits du King).

Ce coté Old School est accentué par le fait que l’action se déroule dans les années 80, à une époque où il n’y avait ni internet ni téléphone portable.

Un récit ésotérique qui développe un climat de malaise patent et qui s’accentue au fur et à mesure de ce roman tout en atmosphères.

Le début est bien maîtrisé, l’ambiance de cette chapelle et de ce village perdus au fin fond de nulle part est pesante, et le personnage de l’archéologue qui vogue aux confins de la folie est bien campé.

Il est un peu dommage que le roman ne fasse que 150 pages, ce type d’ambiance aurait mérité d’être développé plus largement (le sujet s’y prêtait largement).

Par sa plume, Samuel Gance sait clairement engendrer les « monstres » qu’il a imaginés. Son talent évident vaudra à l’avenir d’être mis au service d’une intrigue encore plus dense, pour accentuer plus encore ce sentiment d’oppression.

Un auteur français avec une telle plume et qui joue si intelligemment avec les codes anciens de la littérature anglo-saxonne, méritera d’être suivi de très près dans le futur.

Sortie : 04 novembre 2013

Éditeur : Ex-Aequo

Notes (sur 5) :

Originalité de l’intrigue : ♥♥♥

Profondeur de l’histoire : ♥♥♥ 1/2 

Psychologie des personnages : ♥♥♥♥

Qualité de l’écriture : ♥♥♥♥

Émotion : ♥♥♥

Note générale : ♥♥♥♥ 



Catégories :Littérature

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22 réponses

  1. J’ai un peu peur d’un manque en le lisant,comme si il me manquerait une belle et grande histoire? :/

    • L’histoire est suffisamment profonde, rassure toi et fort bien menée ! Je dis juste que le sujet aurait mérité encore davantage de développement, mais c’est un jugement purement personnel et qui ne gâche pas la lecture

  2. Re-coucou ! Comme quoi, on peut être court et donner du plaisir quand même ! 😀
    Je parlais d’un livre « court » qui peut donner du plaisir « de lecture » à son lecteur, bandes d’obsédés, va ! :O

    Bon, je note… Wishlist +3 ce matin ! faudra arrêter, les enfants !! 😉

    Yvan, ce livre, pour les jeunes, il devrait être classé « horreur pure » puisque pas d’Internet et pas de GSM !!! mdr

  3. C’est vrai que, décrit comme ça, avec des faux airs du « Nom de la rose » (?), on s’laisserait bien emporter par la folie ambiante de ce livre…
    Et puis, les années 80, quoi… ! Mais comment faisait-on avant le net, je vous l’demande ? 😉

    • ah, il faut creuser dans nos anciens souvenirs 😉
      Bon on est quand même assez loin de l’ambiance du livre d’Eco, les deux sont très différents quand même

  4. on suivra donc cet auteur ! C’est un premier roman donc? j’attends de voir si le suivant fait aussi dans l’ésotérisme ou non, car personnellement c’est quelque chose qui en principe ( car il m’arrive d’en lire de temps en temps à dose homéopathique) je n’aime pas vraiment. Amitiés.

  5. Tu me tentes mais je dois être raisonnable hein…donc je dis non…j’aime pas les histoires courtes…je préfère les longues!! Mais bon…si tu nous dis que même si elle est courte, elle est bonne…Je vais peut-être y réfléchir!! Je vais me concerter avec Dame Belette…pour voir si ça vaut la peine..et oui..c’est elle l’experte en la matière!!!hihihihi

  6. j’ai peur que 150 pages me laissent un peu sur ma fin…..mais tu sais y faire monsieur le Tentateur!

    • pour défendre le bouquin, c’est écrit petit et comme le dit l’auteur, vaut mieux 150 pages denses que 300 pages d’ennui ;-). Et de ce coté là, il a bien raison !

  7. Eh bien moi j’aime bien les histoires courtes de temps en temps (j’ai dit des histoires et pis dame Belette n’y connais rien c’est pas la longueur qui compte !!) bon je ne vais pas m’y mettre moi aussi !! J’étais curieuse de lire ta chronique puisque ce monsieur avait fait une demande sur FB et avait commencé sa présentation d’une façon très originale … Je me demandais bien ce qu’il pouvait écrire (au départ je pensais que c’était des écrits érotiques (on y revient toujours !) eh bien non c’est ésotérique … j’y étais presque … A suivre … Comme il est de Limoges il sera peut être à Lire à LIMOGES … je le note mais là va falloir se calmer hein Yvan ?

  8. De prime abord, ni le titre ni la couverture de ce livre ne m’auraient attirés.
    Comme quoi une bonne chronique peut faire changer d’avis un a priori trop subjectif.
    Si c’est un mélange de Connolly, Lovecraft et King, cet auteur mérite d’être découvert 🙂
    Merci Gruz pour cette découverte

Rétroliens

  1. "Un auteur français avec une telle plume et qui joue si intelligemment avec les codes anciens de la littérature anglo-saxonne, méritera d’être suivi de très près dans le futur." Yvan – Emotions – Blog littéraire et musical &
  2. Interview littéraire 2014 – Samuel Gance | EmOtionS – Blog littéraire et musical

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