Pierre Bordage – Les chemins de Damas

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Après la grande guerre contre les nations musulmanes, l’Europe est dominée par les mouvements évangéliques venus des Etats-Unis.

Délocalisations, prolifération des milices et des bandes, misère et corruption généralisées : le vieux continent s’enfonce dans la crise.

Divorcée, Jemma vit dans une résidence protégée au cœur de Paris. Un jour, sa fille disparaît, comme des milliers d’autres enfants avant elle. Désemparée, la jeune femme part à sa recherche aux côtés de l’énigmatique Luc, vers ce Moyen-Orient diabolisé, impénétrable…

Mon avis

Troisième volet de la trilogie des Prophéties, après un premier volet très « flower power » et un second « plus noir que noir ».

Suite logique de « l’ange des abîmes », « les chemins de Damas » se déroule quelques années plus tard, mais avec d’autres protagonistes.

On y retrouve la même construction, alternance de chapitres liés à l’intrique principale et de chapitres servant à poser le décors. Cette construction peut être déroutante, mais, me concernant, je la trouve particulièrement habile.

Les passages « annexes », rebondissent intelligemment d’un personnage à un nouvel autre, tous liés indirectement par la trame de la vie.

Ce roman, mélange de thriller, de politique fiction, d’anticipation apocalyptique, est avant tout un roman initiatique, bouleversant de réalisme.

On est totalement happé par cette description d’un monde qui pourrait être celui d’après demain.

Bordage soumet une diatribe violente de notre société actuelle et du monstre qu’elle pourrait facilement engendrer ; critique du libéralisme effréné, du racisme et de la peur de la différence, du sort réservé aux femmes quelque soit la culture, et surtout des religions institutionnelles.

L’auteur ne critique à aucun moment la foi, mais ce qu’en font les hommes et les atrocités qu’ils peuvent perpétrer en son nom.

C’est d’une violence parfois difficilement soutenable, d’une écriture tantôt chirurgicale, tantôt exaltée, certaines fois particulièrement cru.

Mais il y a une lueur dans l’immense noirceur de cet avenir proche, où Bordage présente l’individu en sauveur contre les systèmes.

Léger bémol pour la fin, emprise dans un mysticisme un peu déroutant, alors que l’ensemble du roman baigne dans un réalisme à couper le souffle. Mais cette fin apporte un espoir qui est rarement entrevu dans le reste de l’histoire et fait le lien entre les trois tomes.

Cette trilogie restera, pour moi, un moment unique dans mes lectures. Elle m’aura ouvert des portes, des pistes de réflexion et m’aura bouleversé et remué comme rarement.

Publication française : 2007

Originalité de l’intrigue : ♥♥♥♥

Profondeur de l’histoire : ♥♥♥♥

Qualité de l’écriture : ♥♥♥♥

Émotion : ♥♥♥♥

Note générale : ♥♥♥♥♥



Catégories :Littérature

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