Aurélie Wellenstein enflamme la glace. La fille du feu est un roman qui appelle au rêve tout en étant ancré dans son temps, une histoire riche en symboles à travers un appel de la forêt.
Le mélange est étonnant, entre universalisme et destins personnels, entre douleurs intimes et questionnements sur un écosystème qui s’effondre. Les personnages vacillent sur leurs fondations, à l’image de notre planète tout entière.
Incendies
Elle nous emmène dans le Grand Nord, où vont se confronter les feux intérieurs de trois protagonistes, jusqu’à en embraser leur environnement.
Le récit prend sa source dans les terribles incendies australiens qui ont ravagé le pays en 2019 et 2020, provoquant la mort ou la migration de près de trois milliards d’animaux. L’homme est un destructeur de mondes, dans son biotope intime comme à plus grande échelle.
Rencontre de forêts
C’est l’histoire d’une petite fille douée du pouvoir de pyrokinésie, qu’elle ne maîtrise absolument pas. La scène d’introduction en est traumatisante, tragique et poignante. C’est cependant le socle d’une intrigue étrange, qui allie fantastique, suspense, poésie et interrogations climatiques.
À travers la rencontre de trois personnages, c’est la conjoncture (et l’affrontement) de trois forêts qui est mise en scène. Chacun a un lien très personnel avec le feu, par son passé, par son présent. De quoi développer un récit commun autour des peurs et des souffrances post-traumatiques.
Mélange
L’autrice mélange les genres, appelant le fantastique et le « nature writing » au secours du climat. Se servant de l’onirisme pour défendre la cause animale. La fiction comme vecteur, l’émotion pour faire passer des informations. Je suis toujours plus convaincu que c’est une manière puissante de faire passer des messages tout en s’évadant.
C’est une intrigue qui tourne assez vite à la traque, prenant le rythme du thriller, entrechoquant l’action et les émotions, confrontant les drames personnels aux drames de la planète. Un récit qui se lit vite, à la fois triste et porteur d’espoir. Car, au-delà des tourments, il peut y avoir guérison, tel le phénix qui renaît de ses cendres, lorsque l’on arrive à mettre des mots sur sa souffrance.
Aurélie Wellenstein en appelle aux mystères de la forêt pour aider ses personnages (et nous-mêmes) à trouver un équilibre dans les déséquilibres. La fille du feu est un roman étonnant, qui porte un message fort sur les frêles épaules de personnages terriblement humains.
Yvan Fauth
Sortie : 07 mai 2025
Éditeurs : Fleuve éditions
Genre : thriller fantastique
Prix : 19,90 €
4ème de couverture :
Laissez-vous emporter par le chant du feu…
Mia a tout perdu, sa famille, ses amis, son foyer. La petite fille erre dans les plaines du Grand Nord, bien loin du bush australien dont elle est originaire. En elle, un feu brûle, puissant et indomptable.
Quelques kilomètres plus loin, sous les tatouages d’animaux qui recouvrent son corps, Nathanaël cache les cicatrices et le traumatisme liés à l’incendie qui l’a happé, enfant. Le musicien est venu dans le village inuit d’Ilussuaq découvrir les traditions orales qui menacent de disparaître.
Son guide, Cadzow, apprécie cet homme qui veut préserver le chant des siens. Mais sous ses dehors impassibles, il est lui aussi marqué par le feu.
Lorsque Cadzow abat un ours affamé rôdant dans le village, les destinées de ces trois êtres écorchés entrent en collision. La traque sera sans merci, le feu consumera tout sur son passage.
Un roman onirique, hypnotique, qui raconte la souffrance de la nature face à la machine humaine, et porte une voix d’espoir.
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Catégories :Littérature

Jolie chronique encore une fois. Merci à toi pour le partage 🙏 😘
Une autrice que je lis aussi !
Merci pour ta chronique… je me l’étais noté quand tu l’avais mis dans la liste des sorties de mai… et voilà je me le note et surligne… 🙂
Une auteure que j’ai aimé découvrir, celui me parle aussi !
Noté !!!
il devrait te parler, oui 😉
j’en suis certaine !
Tu iras la voir à Créteil en poche 😉
vi, fort possible !