Interview – 1 livre en 5 questions : Au bal des absents – Catherine Dufour

1 livre et 5 questions à son auteur, pour lui permettre de présenter son œuvre

5 réponses pour vous donner envie de vous y plonger

CATHERINE DUFOUR

Titre : Au bal des absents

Editeur : Seuil

Date de sortie : 10 septembre 2020

Lien vers ma chronique du roman

C’est un sacré pari que ce mélange horrifique et social. Comment vous est venue cette idée ?

J’ai toujours beaucoup aimé les films, les livres et les séries d’horreur. Et puis, en vieillissant, il m’est arrivé un truc bizarre : je me suis mise à m’intéresser davantage aux décors, aux seconds rôles, à la femme de ménage qui passe dans le fond, au jardinier qui entretient le cimetière qu’à l’intrigue principale. Et j’ai réalisé que les spectres n’arrivent qu’aux riches. Affronter un fantôme, c’est d’abord avoir les moyens de se payer un château, ou au moins une grosse baraque cossue. Et je me suis demandé comment la femme de ménage s’en sortait, dans cette affaire. Est-ce qu’elle laisse les invités courir en hurlant dans les couloirs, et en profite pour faucher l’argenterie ? A sa place, c’est ce que je ferais.

C’est une histoire à lire à plusieurs niveaux…

Disons qu’il y a deux niveaux qui s’entrecroisent : l’horreur magique, classique, avec des spectres de femmes pendues dans tous les coins d’un château, et l’horreur sociale, avec le chômage qui n’en finit pas. Vaut-il mieux mourir dans un palace que dans la rue ? Je voulais confronter les angoisses de l’esprit et les angoisses matérielles, et voir qui gagne.

Votre roman fourmille de références aux romans et films d’horreurs, à la fois comme hommage et de manière parodique…

Ah oui, je me suis fait plaisir. Tout King y passe, et Lovecraft, et Bram Stoker, et Nathalie Henneberg, et Jean Ray, plus tous les Poltergeist, les Amityville, Damiens, L’Exorciste, Ring, Shining, et mes préférés : Les contes et légendes de Le Braz. Il y a même du Maupassant et The Thing. Et Le fantôme d’une Ford modèle T. (Clifford D. Simak, The Ghost of a Model T, 1975). J’ai même dû en enlever, il y en avait trop.

Ce n’est pas qu’un roman d’ambiance, il vit grâce à un personnage principal particulier et assez touchant…

Claude est-elle touchante ? Sa situation est affreuse, et elle n’est pas rare : c’est juste une chômeuse en fin de droit. Sinon, je crois bien que Claude est une asociale et même, une sociopathe. Elle a autant de spiritualité qu’un tabouret, et elle manque totalement d’imagination, louée soit-elle. Personne d’autre qu’elle n’aurait pu s’en sortir. Personnellement, je serais morte d’une crise cardiaque au bout de cinq minutes. Cela dit, la pauvreté est une moutarde forte qui fait tout passer, même l’ectoplasme…

Crédit photo : Maryan Harrington



Catégories :Interviews littéraires

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