Lignes de fuite – Val McDermid

chronique littéraire

lignes-de-fuite-Val McDermidPlus de vingt romans de Val McDermid déjà publiés en France, une longue carrière, et pourtant je la découvre avec ce nouveau roman, Lignes de fuite. Ça tombe bien, c’est un « one shot », sans aucun lien avec ses précédents écrits.

Virage

Encore une énième histoire d’enlèvement d’enfant ? Le sujet n’est t-il pas usé jusqu’à la corde ? Cette crainte à la lecture des premiers chapitres est vite balayée par le rapide virage négocié par l’auteure et son parti-pris atypique.

Car le sujet du roman n’est pas seulement ce kidnapping qui devient rapidement accessoire (avant de reprendre sa place durant le final, bien évidemment).

Il est question de télé-réalité et du pouvoir de l’image ; miroir déformant. Deux personnages, loin des poncifs du genre : un écrivain fantôme (joli nom donné à un nègre littéraire de nombre de « personnalités » médiatiques) et une star de la télé-réalité qui s’avère bien différente de l’image qu’elle véhicule dans les médias de masse.

Les personnages avant tout

Lignes de fuite est dans la pure lignée des thrillers psychologiques, mettant en avant les personnages et leurs interactions. Val Mcdermid a construit un récit sans aucune profusion d’hémoglobine, où la violence est avant tout dans ces relations humaines corrompues par notre société sur-médiatisée.

McDermid soigne ses personnages, peaufine leurs caractères, dessine leurs relations à coup de longs flash-back qui expliquent comment on en est arrivé à cette extrémité.

L’intérêt principal du roman tient à la plume enlevée de l’auteure écossaise, souvent assez réjouissante. L’intrigue, quant à elle, reste assez classique et, même si j’ai deviné une partie de sa conclusion, cela n’a pas vraiment gâché mon plaisir de lecture.

Peinture au vitriol

Entre faux-semblants et peinture au vitriol de notre civilisation de l’image, l’écrivain met en scène deux mondes qui s’entrechoquent pour ensuite étonnement s’entremêler.

Un roman apparemment assez éloigné de l’univers habituel de l’auteure. Rencontrée aux Quais du Polar 2015, elle m’a expliqué que cette histoire demandait à être contée ainsi.

Un roman plaisant pour qui s’intéresse à ces thrillers psychologiques qui mettent avant tout l’homme en avant.

Sortie : 19 mars 2015

Éditeur : Flammarion

Genre : Thriller psychologique

Traduction : Perrine Chambon et Arnaud Baignot

Notes (sur 5) :

Profondeur : ♥♥♥♥

Complexité de l’intrigue : ♥♥♥ 1/2

Psychologie : ♥♥♥♥

Qualité de l’écriture : ♥♥

Émotion : ♥♥♥ 1/2

Note générale : ♥♥♥♥

4° de couverture

Stephanie Harker franchit les contrôles de sécurité à l’aéroport quand elle voit son fils, devant elle, se faire embarquer par un homme en uniforme. Prise de panique, elle sonne l’alerte.
Mais les autorités n’ayant pas assisté à la scène la pensent folle et le fuyard a du temps pour s’éloigner.
Alors que Stephanie raconte sa version des faits au FBI, il devient évident que cette histoire est bien plus complexe qu’il n’y paraît.
Pourquoi quelqu’un voudrait kidnapper Jimmy ? Par quels moyens Stephanie peut-elle le faire revenir ?



Catégories :Littérature

Tags:, ,

54 réponses

  1. Entièrement d’accord avec ta chronique Yvan. Je l’ai terminé il y a quelques jours et j’attends que ma binôme ai terminé sa lecture (commune) pour pouvoir publier la mienne!

    • eheh vous ne vous quittez plus, je trouve ça sympa ;-). Je suis curieux de lire tes mots sur ce roman (même si tu viens de me dire qu’ils iront dans le même sens)
      A bientôt le hibou ! 😉

  2. Si tout va bien je devrais le lire très bientôt… En tout cas, ta chronique me donne encore plus envie de me plonger dans ce roman !

  3. J’ai découvert Val McDermid cet été avec « Sans laisser de traces » et j’ai été enthousiasmée. Je crois savoir qu’elle a une veine de romans assez violents, ce que généralement je ne supporte pas dans les polars actuels. Ce titre que tu présentes semble aussi ne pas donner dans cette surenchère de violence physique et pourrait bien me plaire…

  4. Si un jour j’ai lu un MacDermid, je suis bien incapable de m’en souvenir… J’avais assez hâte de savoir ce que tu pensais de cette auteure et ce qu’il ressortirait de ta lecture. 4 étoiles, c’est plutôt bien!

  5. Eh bien, mon ami, tu n’as pas pris le temps de souffler un peu après QDP? Je connaissais Val Mc Dermid et son duo Tony Hill/Carol Jordan et j’aimais bien ces personnages. Retrouver l’auteure pour un coup (one shot) vite fait, pourquoi pas?
    Et hop!!! Sur ma liste… 🙂

  6. Comme il me tente waouhhhhh!!!! T’es trop fort toi tu sais!!!!

  7. Tu me rassures un peu avec cette chronique. En lisant la quat’ de couv’ du roman, je me demandais ce que McDermid venait faire dans cette galère, une histoire de kidnapping tout ce qu’il y a de plus classique… Mais si ce n’est pas le cas, c’est tout de suite beaucoup plus intéressant.
    Cela fait longtemps que je n’ai pas lu un roman d’elle, celui-ci pourrait être l’occasion de s’y remettre. Merci Yvan !
    (Et content d’avoir pu te recroiser aux QdP !)

    • on est plusieurs à avoir eu cette même réaction, on dirait 😉
      Merci à toi et moi aussi j’ai été super content de te croiser aux QDP ! Pas trop crevé après ces trois jours ? Bonne chance pour ta nouvelle aventure ! 😉

  8. L’ami Val, je l’ai déjà lue, je pense que j’ai ouvert 3 romans ou 4. En tout cas, j’en suis toujours sortie enchantée. Là, en voyant le résumé, je me suis demandée aussi ce qu’elle allait faire dans une histoire d’enlèvement ! Je suis rassurée, la grande Dame ne s’est pas pervertie dans des récits faciles et usés jusqu’à la corde du string.

  9. C’est si bien écrit que je pourrais me laisser tenter 😉

  10. Je ne connaissais pas cet auteure jusqu’à ce que je lise ton article. Lignes de Fuite m’intéresse vraiment. Je pense que je vais voir pour me le procurer et le dévorer ! 😀

  11. Comme tu le mets si bien en exergue : ce roman a l’air passionnant du point de vue psychologique, je note ! 🙂

  12. Il y a quelques temps que je n’ai plus lu Val McDermid, elle m’a plus besoin de moi pour faire sa vie dans nos bibliothèques.
    Je me rappelle avoir lu son tout premier titre paru en France c’était il y a….25 ans. Une enquête dans les milieux antinucléaire, des militants de gauche, une enquêtrice, Lindsay Gordon,  » journaliste, socialiste, féministe, lesbienne et cynique « . Puis j’ai lu les premiers titres de ses 2 autres séries. Depuis plus rien…Sauf peut-être celui-ci. Car tu as su raviver mon intêret surtout si c’est un one-shot. 😉 🙂

  13. Un thriller psychologique????!!!!! je me le note direct!!!En plus je ne connais pas encore cet auteur!
    La thématique me plait encore plus. J’espere le lire bientôt! 😉

  14. Ah ça donne vraiment envie. Les thrillers psychologiques et le pouvoir de l’image, ça me parle. Sauf que ce n’est pas ce livre que j’ai pris, argh. Yapuka commander…

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :