Le jour des morts – Nicolas Lebel

1er novembre, Le jour des morts, les cadavres se ramassent à la pelle. Ils tombent comme des mouches sous les coups (tout en finesse) d’une étrange empoisonneuse et d’un Nicolas Lebel vraiment inspiré.

Pas de surenchère

Voilà déjà la première originalité du récit de l’auteur : une empoisonneuse donc, et pas de surenchère dans la violence malgré le côté morbide de l’intrigue. Une histoire toute en suggestions, en émotions diverses et en inspiration. Un récit qui s’étire à travers de longs chapitres, bien loin de la mode actuelle du « plus c’est court, plus c’est bon ». Au contraire, Lebel prend le temps de construire son intrigue, de créer une atmosphère et de s’amuser avec nous, sans qu’aucune longueur ne vienne jamais poindre.

Si ce roman sort du lot, c’est aussi grâce à la plume de l’auteur. Une écriture riche, loin d’un basique « sujet-verbe-complément ». Et puis, il y a cet humour omniprésent, avec ces joutes verbales proprement jouissives.

Feux d’artifice

Certains passages sont, à ce titre, de véritables feux d’artifice. « Oh Lebel bleue, Oh Lebel rouge ! », Des explosions hautes en couleur, du genre à vous coller de grands sourires et vous pousser à relire les passages une seconde fois, par pur plaisir.

Et il y a ces personnages si puissants, d’une vraie épaisseur et d’une réelle profondeur. Un capitaine (Mehrlicht dont le nom rime avec Maastricht, mais dont les frontières mentales sont paradoxalement assez étanches, surtout à la modernité ambiante) et des adjoints assez mémorables (ah, cette manière qu’à l’un d’eux de citer de mémoire les articles du code pénal pour tout et n’importe quoi). Des caractères atypiques et hautement addictifs, humains et touchants (même quand ils font preuve de mauvais caractère).

Travers

Le jour des morts est une vraie fiction et un vrai divertissement, il n’empêche que Nicolas Lebel s’amuse également à écorner certains travers de notre société actuelle, que ce soit au niveau des médias ou bien encore de la politique. Quand on y rajoute son propos sur le comportement des humains en réunion, certains passages font carrément froid dans le dos. Une autre dimension du récit qui en accentue sa profondeur.

Le jour des morts prouve admirablement que le polar français est bien vivant, grâce à des textes d’une telle qualité. Pour ça, je lui décerne le Lebel rouge.

Sortie : 21 mai 2014

Éditeur : Marabooks

Notes (sur 5) :

Originalité de l’intrigue : ♥♥

Profondeur de l’histoire : ♥♥♥ 

Psychologie des personnages : ♥♥♥ 1/2

Qualité de l’écriture : ♥♥♥ 1/2

Émotion : ♥♥

Note générale : ♥♥♥ 

4° de couverture

Paris à la Toussaint. Le capitaine Mehrlicht, les lieutenants Dossantos et Latour sont appelés à l’hôpital Saint-Antoine : un patient vient d’y être empoisonné. Le lendemain, c’est une famille entière qui est retrouvée sans vie dans un appartement des Champs-Élysées. Puis un couple de retraités à Courbevoie…

Tandis que les cadavres bleutés s’empilent, la France prend peur : celle qu’on surnomme bientôt l’Empoisonneuse est à l’oeuvre et semble au hasard décimer des familles aux quatre coins de France depuis plus de quarante ans. Les médias s’enflamment alors que la police tarde à arrêter la coupable et à fournir des réponses : qui est cette jeune femme d’une trentaine d’années que de nombreux témoins ont croisée ? Comment peut-elle tuer depuis quarante ans et en paraître trente ? Surtout, qui parmi nous sera sa prochaine victime ?

Dans la tornade médiatique et la vindicte populaire, chacun reconnaît la tueuse : elle est une voisine, une soeur, une ex, et la chasse aux sorcières s’organise. Mais derrière l’Empoisonneuse, c’est la Mort elle-même qui est à l’oeuvre, patiente et inexorable : nul ne lui échappera.



Catégories :Littérature

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27 réponses

  1. Ahhhhh j’adoooore ta chronique!!! Nous sommes en phase et je suis absolument ravie que ce mets délicieux te plaise autant qu’à moi!

    • Yvan – Strasbourg – Les livres, je les dévore. Tout d’abord je les dévore des yeux en librairie, sur Babelio ou sur le net, Pour ensuite les dévorer page après page. Pour terminer par les re-dévorer des yeux en contemplant ma bibliothèque. Je suis un peu glouton. Qui suis-je : homme, 54 ans, Strasbourg, France

      mais je ne veux pas aller manger Au chaudron ! 😉

      • Moi non plus 😛 t’inquiète on ira dans un endroit plus raffiné!!! enfin je l’espère… 🙂

        • Yvan – Strasbourg – Les livres, je les dévore. Tout d’abord je les dévore des yeux en librairie, sur Babelio ou sur le net, Pour ensuite les dévorer page après page. Pour terminer par les re-dévorer des yeux en contemplant ma bibliothèque. Je suis un peu glouton. Qui suis-je : homme, 54 ans, Strasbourg, France

          on va laisser choisir Nicolas Lebel qui me semble être un bon vivant 😉

  2. Je suis trop heureuse que tu ais aimé autant que moi !!
    C’est vraiment une belle découverte que ce monsieur Lebel et tu lui rends un très bel hommage.
    Je l’ai attendu longtemps cette chronique 😉
    Je me languissais 🙂

    • Yvan – Strasbourg – Les livres, je les dévore. Tout d’abord je les dévore des yeux en librairie, sur Babelio ou sur le net, Pour ensuite les dévorer page après page. Pour terminer par les re-dévorer des yeux en contemplant ma bibliothèque. Je suis un peu glouton. Qui suis-je : homme, 54 ans, Strasbourg, France

      je ne ponds pas de chroniques au kilomètre, Madame ! (bon ok on pourrait des fois le penser) 😉

  3. il a l’air chouette!!!!!;)

  4. Encore un livre qui a l’air sympa!!!!

    • Yvan – Strasbourg – Les livres, je les dévore. Tout d’abord je les dévore des yeux en librairie, sur Babelio ou sur le net, Pour ensuite les dévorer page après page. Pour terminer par les re-dévorer des yeux en contemplant ma bibliothèque. Je suis un peu glouton. Qui suis-je : homme, 54 ans, Strasbourg, France

      il l’est 😉

  5. Je suis actuellement dans son précédent roman, « L’heure des fous », et le style de l’auteur avec son humour caustique, qui ne cède en rien à la facilité m’incite à poursuivre l’aventure avec Mehrlicht et son équipe.
    Et un de plus sur la liste!!! 😉

    • Yvan – Strasbourg – Les livres, je les dévore. Tout d’abord je les dévore des yeux en librairie, sur Babelio ou sur le net, Pour ensuite les dévorer page après page. Pour terminer par les re-dévorer des yeux en contemplant ma bibliothèque. Je suis un peu glouton. Qui suis-je : homme, 54 ans, Strasbourg, France

      même sans ma chronique il aurait été dans ta liste 😉

  6. En attente …. il me tarde après vous avoir lu tous les 2 (avec Foumette bien sur !!)

    • Yvan – Strasbourg – Les livres, je les dévore. Tout d’abord je les dévore des yeux en librairie, sur Babelio ou sur le net, Pour ensuite les dévorer page après page. Pour terminer par les re-dévorer des yeux en contemplant ma bibliothèque. Je suis un peu glouton. Qui suis-je : homme, 54 ans, Strasbourg, France

      on fait la paire avec Fourchette 😉
      Tu peux te lancer Kris, ça te plaira davantage que les canassons 😉

  7. Et une fois de plus, je suis tenté !

    • Yvan – Strasbourg – Les livres, je les dévore. Tout d’abord je les dévore des yeux en librairie, sur Babelio ou sur le net, Pour ensuite les dévorer page après page. Pour terminer par les re-dévorer des yeux en contemplant ma bibliothèque. Je suis un peu glouton. Qui suis-je : homme, 54 ans, Strasbourg, France

      désolé (même pas vrai) 😉

  8. Lord Arsenik – Noumea - Nelle-Calédonie

    Et hop un de plus à emPàLer (embarquer dans la PàL).

    • Yvan – Strasbourg – Les livres, je les dévore. Tout d’abord je les dévore des yeux en librairie, sur Babelio ou sur le net, Pour ensuite les dévorer page après page. Pour terminer par les re-dévorer des yeux en contemplant ma bibliothèque. Je suis un peu glouton. Qui suis-je : homme, 54 ans, Strasbourg, France

      Aïe !
      (ça ne méritait pas une explication, on avait compris, enfin je crois. Ou non ? ) 😉

      • Lord Arsenik – Noumea - Nelle-Calédonie

        C’est pour les esprits mal placés. Si si il y’en a mais je ne donnerai pas de noms 🙂

        • Yvan – Strasbourg – Les livres, je les dévore. Tout d’abord je les dévore des yeux en librairie, sur Babelio ou sur le net, Pour ensuite les dévorer page après page. Pour terminer par les re-dévorer des yeux en contemplant ma bibliothèque. Je suis un peu glouton. Qui suis-je : homme, 54 ans, Strasbourg, France

          Je ne vois pas du tout de qui tu parles 😉

  9. Perso, je suis fan de l’auteur depuis que j’ai lu l’heure des fous. Une écriture déjantée comme je peux les aimer. Et celui-ci ne fait que confirmé mon admiration pour cette nouvelle plume. Et puis on plus s’il est question de bonne bouffe, je suis d’autant plus preneuse.
    Non sérieux tu as raison, Yvan, Cet auteur mérite bien le Lebel Rouge. J’irai même plus loin, moi je lui ai déjà accordé une médaille d’or au concours général des auteurs français de polar. As tu le savais pas encore….mais son premier roman a été un des 10 coups de cœur 2013 du comité polar des bibliothèques de la ville de Paris. Si si…… 😉 🙂

    • Yvan – Strasbourg – Les livres, je les dévore. Tout d’abord je les dévore des yeux en librairie, sur Babelio ou sur le net, Pour ensuite les dévorer page après page. Pour terminer par les re-dévorer des yeux en contemplant ma bibliothèque. Je suis un peu glouton. Qui suis-je : homme, 54 ans, Strasbourg, France

      si si je le savais, tu sais bien que je suis ton actualité de près 😉
      Je publie ce jour une interview de l’auteur, il y est assez grandiose, si après ça les gens ne pensent pas comme nous…

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