Chasse à mort – Dean Koontz (re-sortie poche 2021)

C’est l’histoire d’une relecture, 33 ans après.

Dean Koontz fait partie de ma vie depuis mon adolescence au début des années 80. Les deux K, King et Koontz, comme un cérémonial. Deux auteurs qui ont forgé beaucoup du lecteur (et de la personne) que je suis devenu.

C’était même une petite compétition sympathique à l’époque, entre les fans des deux. L’un est devenu le plus grand auteur de romans de genre, l’autre a eu une carrière beaucoup plus erratique en France.

Et pourtant… Aussi étonnant que cela puisse paraître, selon Wikipedia Koontz aura vendu davantage dans sa carrière que Stephen King dans le monde.

Un classique du genre

Chasse à mort restait un souvenir prégnant, mais diffus. Saleté de mémoire qui te fait oublier le contenu, mais belle mémoire émotionnelle qui laisse une grande trace du ressenti de lecture même après plusieurs décennies.

Un roman qui ne faisait pas partie d’une de ses séries, à l’époque. Jusqu’en 2020 (l’année suivante en version française)… L’auteur sortait le formidable Dévotion, une sorte d’excroissance de Chasse à mort, deux romans liés par le même ADN même si les histoires sont différentes et indépendantes. L’occasion de lire le nouveau et relire l’ancien, entre souvenirs et émotions renouvelées.

C’était la période bénie de Dean, avec de nombreux classiques à la clé. Il a eu plusieurs cycles dans sa carrière d’écrivain, l’horreur pure, le thriller fantastique, le thriller grand public. Avec des thématiques récurrentes, la lutte entre le bien et le mal, les conspirations à grande échelle, les dérives des élites, les manipulations scientifiques contre-nature, les courses poursuites, et des personnages atypiques.

Ses livres ont presque toujours pioché une partie de leurs éléments de cette liste, Chasse à mort (et Dévotion) coche(nt) toutes les cases.

Beau bestiau

Voilà un thriller fantastique, au sens propre comme au figuré. Qui est sans doute son roman le plus lumineux, lui l’un des Maîtres des ténèbres. Une bonne dose de noirceur est bien présente, mais contrebalancée par cette force de l’amour, entre humains et envers un chien différent.

L’auteur joue à fond la carte de l’anthropomorphisme en imaginant un animal aux capacités intellectuelles et cognitives hors du commun, proches de l’Homme. Un golden retriever, race que l’écrivain américain chérit plus que tout (il a même écrit des livres à la mémoire des siens, Trixie et Anna).

Ce thriller est du genre beau bestiau, 575 pages dans sa nouvelle version poche, ressortie avec à-propos en 2021 à l’occasion de la publication de Dévotion. Monstrueux et profondément humain, bourré de tension et d’émotions, d’action et de sentiments exacerbés, de fun et de réflexions aussi.

Un roman qui a marqué sa carrière et reste l’un des préférés de ses fans. Une excellente raison de le remettre en avant. Surtout qu’il n’a pas trop vieilli, à part certains aspects technologiques (les téléphones) et le fait que le grand ennemi de l’Amérique restait encore les Russes dans les années 80.

Manipulations

Mais tout ce qui touche aux manipulations, que ce soit génétiques et des populations, est toujours totalement d’actualité, Koontz ayant souvent été visionnaire dans ses fictions.

Déjà à l’époque, il maîtrisait parfaitement tous les codes du genre (qu’il a pour certains inventé !), avec un sens du rythme, tout en apportant de la profondeur. Loin de ses premiers livres de série Z, courts et très médiocres. Là c’est du Grand Koontz.

C’est d’ailleurs assez intéressant de comparer l’écriture des deux livres liés. On sent que notre époque demande encore davantage de rythme, d’accentuer toujours les excès, l’auteur ayant ajouté un coté cynique depuis.

Vous aimez les chiens ? (non ce n’est pas une question de Michel Drucker). Les thrillers qui vous emportent et qui vous font aimer les personnages ? Le coté sombre qui n’oublie jamais qu’il existe de la lumière ?

Chasse à mort est un modèle du genre, un classique, par un auteur qui fait partie de ceux qui ont participé à inventer le thriller tel que nous le connaissons encore aujourd’hui. Un roman qui n’a presque pas pris une ride.

Et, encore de nos jours, Dean Koontz reste un maître du genre, qui n’a rien perdu de son talent. Je conseille donc également ses romans récents (dont la formidable série autour du personnage de Jane Hawk).

Lien vers ma chronique de Dévotion

Yvan Fauth

Date de sortie : 1988 – Ressortie poche : 02 septembre 2021

Éditeur : L’Archipel (poche)

Genre : thriller

4° de couverture

Deux créatures étranges s’échappent d’un laboratoire scientifique ultrasecret se livrant à des manipulations génétiques.

Le premier de ces cobayes, Einstein, un golden retriever hyper intelligent et sensible, est recueilli par Travis Cornell, 36 ans, ex-membre de la Delta Force, une unité d’élite de l’US Army.

Le second, le plus dangereux, aussi sauvage que sanguinaire, recherché par les services secrets, n’a qu’une obsession : retrouver Einstein et le tuer.

La traque commence…



Catégories :Littérature

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14 réponses

  1. Comme je l’avais aimé ce livre il y a des années !

  2. Voilà de quoi avoir envie de le lire (en plus de notre discussion). Je crois que je vais aimer Koontz finalement 😉

  3. Heureusement qu’aux deux « K », il n’y en a pas un troisième parce que ça ferait mauvais genre 😉

    Je sors et je plaisante, bien entendu. Et je vais ajouter ce Koontz là, je ne pense pas l’avoir lu…

  4. Je ne connais que de nom. Et lu uniquement le premier avec Jane. Merci Yvan. Ça donne envie.🙏😘

  5. Tiens, je ne l’ai jamais lu, celui-ci !

  6. J’adore cet auteur
    Et comme toi je l’ai lu il y a fort longtemps

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