Interview – 1 livre en 5 questions : Requiem pour un diamant – Cécile Cabanac

1 livre et 5 questions à son auteur, pour lui permettre de présenter son œuvre

5 réponses pour vous donner envie de vous y plonger

CECILE CABANAC

Titre : Requiem pour un diamant

Editeur : Fleuve

Sortie : 17 septembre 2020

Lien vers ma chronique du roman

Les coulisses des diamantaires cachent bien des secrets…

L’univers de la joaillerie est très confidentiel, c’est un milieu secret qui fait rêver, voir fantasmer. De l’extraction des pierres précieuses depuis les entrailles de la Terre à leur achat, leur taille dans les ateliers, puis leur présentation dans de luxueux écrins, le grand public ne sait pratiquement rien. Il y a pourtant un grand nombre d’acteurs qui interviennent à chaque étape de la modification puis de la création des gemmes. Mais

Ils tiennent absolument à préserver le mystère. L’idée de l’intrigue est venue de là. J’ai imaginé qu’un joaillier réputé avait été approché par des escrocs. Ce bijoutier en perte d’inspiration, aux prises avec des difficultés financières s’est laissé tenté et a mis le doigt dans l’engrenage. Mais est-ce l’unique explication de son meurtre si sanglant ?

L’ambiance de ce deuxième roman est différente du premier, en partie parce qu’il ne se passe pas en province…

Oui en effet, je tenais absolument à changer d’univers et de ton. « Des poignards dans les sourires » est écrit au présent, « Requiem pour un diamant », au passé. L’intrigue se déroule à Versailles et non plus en Auvergne. On quitte les années 2000 pour une histoire plus contemporaine. Ces choix n’ont pas toujours été conscients au moment de l’écriture, mais sans doute avais-je envie de ne pas me trouver là où on m’attendait ?

Le décor a une influence sur la façon dont les personnages se comportent et interagissent entre eux. Versailles est un environnement plus urbain, il y a une forme de rapidité dans les échanges (liés aussi au changement d’époque) du coup, le rythme du roman est différent.

On retrouve avec plaisir vos personnages attachants et humains, loin des « super-héros » de nombre de polars…

Je suis très attachée à Virginie Sevran et Pierre Biolet et j’avais envie de poursuivre l’aventure avec eux tout en les plaçant dans un nouveau contexte. Virginie Sevran a été promue commandant de police à Versailles et Pierre Biolet la rejoint en début de roman. Tous les deux ont changé. La commandant s’est mariée et elle est devenue mère d’une petite fille, son équipier attend un bébé. Ils apprennent à concilier travail et vie de famille avec le sentiment de culpabilité qui va souvent avec. Il y a aussi un nouveau personnage qui fait son entrée : Il s’agit de Dombard, un lieutenant d’une quarantaine d’années, plutôt adepte des méthodes « à l’ancienne ». C’est un peu un adolescent dans un corps d’homme mûr, un être sensible sous des apparences un peu bourrues.

Il faut croire, à lire vos deux livres, que les secrets sont un moteur formidable pour construire une intrigue prenante…

Dans chaque affaire judiciaire, vous trouverez un secret ou un mensonge au cœur du drame. Mais, faire table rase du passé ou dissimuler sa vraie nature comportent des risques. Vient un moment où la vérité ressurgit dans une explosion plus ou moins dévastatrice. En tant qu’autrice, j’aime analyser ces effets-là à la loupe. Je m’y intéresse car les personnalités se révèlent. L’instinct de survie poussent certains à commettre l’irréparable quand d’autres au contraire puisent des ressources insoupçonnées dans les drames qui les touchent. L’humain est une source inépuisable d’inspiration.

Le fait d’être journaliste vous a t’il amené à vous intéresser au monde de la joaillerie avec un autre œil ?

J’ai eu la chance de faire un reportage dans les ateliers Cartier de la place Vendôme il y a quelques années. C’est un lieu très impressionnant, sous très haute sécurité, où des artisans d’exception souvent très jeunes, travaillent dans un silence de cathédrale. Je suivais l’un d’eux qui était en plein montage du fameux bracelet panthère en diamants émeraude et onyx. Il était destiné à une richissime acheteuse américaine. À un moment, le chef d’atelier m’a proposé de porter ce bracelet et d’approcher des grandes fenêtres qui donnent sur la place. Il y avait un soleil magnifique et lorsque j’ai vu les centaines de diamants briller sur mon poignet, j’avoue que j’en ai eu le souffle coupé. J’ai rarement vu quelque chose d’aussi beau. Bien sûr, ce reportage a été l’occasion d’en apprendre beaucoup sur ce milieu où la réputation joue un rôle capital. Les grandes maisons ne peuvent pas se permettre de diffuser de fausses pierres, les contrôles y sont très rigoureux, mais le problème existe ailleurs. Comme dans d’autres domaines artistiques, des faux circulent. Des acheteurs trompés misent des sommes ahurissantes sur de vulgaires cailloux transformés en laboratoire… Tout cela a nourrit l’intrigue de « Requiem pour un diamant ».



Catégories :Interviews littéraires

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1 réponse

  1. Un sujet original, plein de mystères, et c’est sûr, les diamants, ça fait toujours rêver!

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