Interview – 1 livre en 5 questions : Sans queue ni tête – Nick Gardel

1 livre et 5 questions pour permettre à son auteur de présenter son œuvre

5 réponses pour vous donner envie de vous y plonger

NICK GARDEL

Titre : Sans queue ni tête

Auto-édition

Sortie : mars 2020

Lien vers ma chronique du roman

Tu as eu le titre à l’esprit avant l’intrigue, ou le contraire ?

En fait c’est la dualité présente dans le titre qui m’a donné le point de départ de cette histoire.

Jean Yanne avait fait une chanson sur le jeu de mots assez trivial de l’eunuque décapité, mais moi j’y voyais aussi l’analogie « sans courage ni esprit ». Comme je voulais me frotter au milieu décomplexé qui fleurit actuellement, je trouvais que c’était un bon initiateur. Cela reste dans le livre : on part sur l’analyse triviale pour finir sur un coup de gueule du dégoût ambiant. 

Je vois un peu ce livre comme un mix entre tes deux précédents romans, l’aspect polardeux de « Morts chroniques » et l’humour noir de « Laisse tomber ». Qu’en penses-tu ?

Il n’y a sans doute rien de plus vrai. Les livres vous changent, on s’embarque dans une voie et on se retrouve avoir fait du chemin dans une direction. J’admire les auteurs capables de se réinventer sans cesse. Moi il me faut un livre pour changer de cap ou creuser un sillon. « Laisse Tomber » était un roman d’un cynisme total, j’y tiens particulièrement. Il a cette forme d’humour que j’ai rarement poussée aussi loin. « Morts chroniques » n’en avait pas, il était brut, je voulais juste raconter une histoire. Le mélange des deux m’a donné « Sans queue ni tête ». Une histoire, certes, mais surtout une série de prétextes pour dire amèrement ce que je pense de certains aspects du monde.

À la différence de certains auteurs, pour toi la forme compte presque davantage que le fond (même s’il y a un très intéressant sujet soulevé par ton histoire) …

Avant je pensais qu’il fallait une histoire avant tout. Que c’était elle qui restait. Mais il se trouve que j’en suis incapable. Il faut que je labyrinthe mes écrits. Je ne me sens à l’aise dans l’écriture en racontant que lorsque ça témoigne justement d’une écriture. Je le ressens encore plus dans la phase de correction. Il m’arrive souvent de redéployer l’histoire, mais finalement je change peu les phrases. La construction de la forme se fait au fil du premier jet, c’est elle qui m’intéresse le plus. Je me mets en bouche mes phrases, je les rythme, je les interprète. Si on dépouillait mes bouquins, il resterait surtout un certain nombre de jolies tournures. Même si on trouverait encore quelques situations alambiquées et quelques personnages qui valent le coup.

À travers tes nombreux bons mots, on sent aussi transparaître les émotions et tout ton amour pour tes personnages…

J’ai toujours écrit des romans d’amitié. Cette amitié ne doit pas être étalée, elle doit être perçue. Mes personnages ont cette forme de respect, d’empathie qui définit leurs liens. Avec « Sans queue ni tête » je progresse dans une nouvelle voie. Les sujets abordés sont plus lourds, même si j’ai fait attention à ce que le sujet ne soit pas au premier plan. C’est un parti pris totalement assumé. Je ne voulais pas tartiner mes avis et mes dégoûts sur cette société en frontal, il me fallait une certaine légèreté pour assouplir le propos. On ne peut atteindre cette légèreté qu’avec des gens qu’on aime.

Ce roman aurait dû sortir dans le circuit de distribution traditionnel, on te sent très frustré que ce ne soit pas le cas, parce que tu tiens beaucoup à ce livre…

Je suis indéniablement blessé, même si on ne peut passer sa vie à écrire sur le cynisme sans l’être un peu. Le cynisme protège des blessures. Ce livre était, je pense, une réussite. Je l’ai écrit au sortir d’une période difficile pour l’auteur que j’essayais d’être. Cette difficulté m’a permis de donner le meilleur. Et puis « Sans queue ni tête » était écrit comme l’initiateur d’une série. Le contrat qui me liait à la maison d’édition avait une clause de préférence qui s’accommodait bien de cet esprit de série. Le voir se faire couper les ailes est une véritable douleur. Peut-être que ce roman méritera d’être redécouvert par un éditeur. De mon côté, je suis heureux d’avoir été capable d’écrire un truc pareil.

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Catégories :Interviews littéraires

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