Fermer les yeux – Antoine Renand

Dans le genre du thriller, Antoine Renand s’est fait un nom dès son premier roman, L’empathie. Avec un sujet particulièrement difficile à traiter et des personnages qui sortaient du commun.

Après un tel succès populaire et critique, le cap du second roman est toujours compliqué à passer. L’écrivain, qui a débuté en tant que scénariste, a ressorti une histoire qu’il avait tenté de faire mettre à l’image par le passé. Bien lui en a pris.

Empathie

Cette nouvelle intrigue est plus classique et n’a rien de révolutionnaire. Elle utilise tous les codes des histoires de tueurs en série. Rien de neuf dans les ténèbres donc, si ce n’est le talent et la fraîcheur de l’auteur qui font la différence.

Avec ce deuxième roman, il confirme ses qualités de narrateur, et surtout sa capacité à construire des personnages avec qui on entre en empathie. Tiens, tiens, le choix du titre de son premier livre était donc vraiment judicieux.

Pas facile de sortir du lot, dans cette foultitude de récit de tueurs qui s’éparpillent dans les rayons des librairies. Pour moi, Antoine Renand a compris une chose essentielle : ce sont les personnages qui font la différence.

Bien sûr, il faut d’abord une intrigue bien construite, prenante, rythmée, anxiogène. Fermer les yeux est tout ça à la fois, mais pas seulement. Parce que les protagonistes sont profondément humains.

Conte et compte

Comme trait d’union avec L’empathie, deux des trois personnages principaux souffrent du poids d’un terrible passé. Qui a chamboulé leurs vies, et dicté leurs choix. Des caractères complexes, ambivalents parfois.

Les auteurs ne sont pas légion à aussi bien leur donner un souffle de vie et à les caractériser. Sans que l’intrigue ne perde le rythme. Son rythme.

Parce que l’auteur prend le temps de poser les bases et pourtant tout coule de source durant les 440 pages.

Fermer les yeux est à la fois efficace et bien dessiné psychologiquement, avec certaines scènes à la vision cinématographique et d’autres plus intimistes. Un thriller oui, mais avec un réel supplément d’âme. Antoine Renand conte et compte, pour ceux qui aiment ce style d’intrigues.

Yvan Fauth

Date de sortie : 12 mars 2020

Éditeur : Robert Laffont / La bête noire

Genre : Thriller

4° de couverture

Un enquêteur à la retraite, hanté par une erreur qu’il estime avoir commise quinze ans plus tôt.
Un jeune auteur, considéré comme le plus grand spécialiste français des tueurs en série.
Une brillante avocate, dévouée à la défense d’un homme victime, selon elle, d’une effroyable injustice.
Ensemble, ils devront débusquer le plus insaisissable des prédateurs.

2005. Dans un village perché d’Ardèche, la petite Justine, sept ans, disparaît.
Rapidement, les habitants s’organisent et lancent des battues dans la nature environnante.
Les recherches se prolongent jusque tard dans la nuit mais ce n’est qu’au petit matin que le gendarme Tassi découvre quelque chose…



Catégories :Littérature

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8 réponses

  1. Les personnages font toute la différence : parole de sage 😉

  2. Bonsoir Yvan,
    Ce livre peut-il être lu sans avoir lu l’Empathie ?

  3. Je suis occupée à le lire. Un quart de lu. Une intrigue classique qui me plaît beaucoup. Je ne suis pas très loin 😉. Lorsque j’aurai fini je viendrai te dire ce qu’il en est. Je n’ai pas lu Empathie. Bon après-midi

  4. Je n’avais pas adhéré à « L’empathie », donc, je vais passer mon tour pour celui-ci 😉

  5. J’ai un très bon souvenir de « L’empathie »
    Je me note donc celui là 🙂
    Prends soin de toi mon ami

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