Askja – Ian Manook

Askja n’est pas le nom d’une pastille pour la toux, ni une violente sternutation, mais un endroit particulier d’Islande. Et maintenant aussi le second roman de Ian Manook se déroulant dans ces terres rares.

Changement de ton

Le premier épisode, Heimaey, était une invitation au voyage, une sorte de road trip et de guide touristique version thriller.

L’ambiance de Askja est résolument différente, une plongée dans la vie islandaise. On y retrouve l’inspecteur Kornelius Jakobson, mais rien n’empêche de lire celui-ci seul. Ce serait pourtant gâcher, car tout est bon dans le Manook.

Un peu à l’image du second tome des précédentes aventures de Yeruldelgger, l’écrivain montre sa capacité à changer d’histoire et changer de ton. La première partie de l’intrigue est clairement décalée, atypique. Elle permet à l’auteur de faire une nouvelle fois preuve de son talent inimitable pour les bons mots et les dialogues irrésistibles. Oui, c’est un polar, il y a des morts, mais on rit vraiment.

Détonnant mélange

Mais Askja n’est en rien une simple farce, plutôt un détonnant mélange de noirceur, de passages jubilatoires, de dépaysement et d’émotions.

Deux femmes assassinées. Mais deux corps introuvables. Et un sniper qui fait des cartons sur les lieux touristiques, en veillant à ne faire aucun blessé. Secouez fort ces ingrédients et vous obtiendrez un thriller que seul Ian Manook pouvait écrire.

J’avais apprécié Heimaey, je lui préfère pourtant ce second opus. Cet humour irrésistible mâtiné de vraies émotions en lien avec la vie privée de Kornelius, donne un récit qui touche autant le cœur que les zygomatiques. Et comme l’intrigue est prenante et étonnante, le résultat m’a convaincu.

Le troll et les autres

Il faut dire qu’on s’attache vite à ce troll géant qu’est l’inspecteur Jakonson. Mais les « seconds couteaux » ne sont pas en reste. Ils sont dépeints avec soin, et ont tous de sacrés caractères. Mention spéciale, me concernant, pour le flic philosophe qu’est Spinoza, dont les interventions décalées voir déphasées sont à mourir de rire.

Avec cette virée en Islande, Ian Manook nous fait à nouveau découvrir un pays incroyable, sans rejouer le guide touristique pour autant. On en prend plein les mirettes aux cotés des natifs.

Mais Askja est surtout un formidable terrain de jeu, aux joutes verbales jouissives, à l’émotion parfois palpable. Et à l’intrigue singulière, à la fois respectueuse des traditions et assez anticonformiste. A déguster avec délectation !

Yvan Fauth

Lien vers l’interview de Ian Manook au sujet de Askja

Date de sortie : 02 octobre 2019

Éditeur : Albin Michel

Genre : thriller

4° de couverture

Dans le désert de cendre de l’Askja, au cœur de l’Islande, le corps d’une jeune femme assassinée reste introuvable. Près de Reykjavik, des traces de sang et une bouteille de vodka brisée au fond d’un cratère, mais là non plus, pas le moindre cadavre. Et dans les deux cas, des suspects à la mémoire défaillante. Ces crimes rappellent à l’inspecteur Kornelius Jakobson, de la police criminelle de Reykjavik, le fiasco judiciaire et policier qui a secoué l’Islande au milieu des années 70 : deux crimes sans cadavres, sans indices matériels, sans témoins, que des présumés coupables finissent par avouer sans pourtant en avoir le moindre souvenir.



Catégories :Littérature

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4 réponses

  1. Mince, tu me fais regretter de ne pas l’avoir sélectionné la dernière fois qu’on s’est vu…

Rétroliens

  1. Interview – 1 livre en 5 questions : Askja - Ian Manook - EmOtionS - Blog littéraire

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