Laisse tomber – Nick Gardel

C’est l’histoire de personnes au bord du précipice, au réel comme au figuré. Un roman qui débute par un personnage qui regarde dans le vide, et tous les autres qui voient le bout du chemin devant leurs yeux fatigués.

Chantre du bon mot

Bienvenue dans cet immeuble occupé presque exclusivement par des vieillards, sauf le « jeune » de service qui se morfond dans sa non vie. Mais ces codes bien établis vont être chamboulés. Il faut parfois bien peu pour changer le cours d’une vie (ou l’écourter).

Nick Gardel est le chantre du bon mot, école Audiard, qu’il éparpille tout au long de ses noires histoires. Laisse tomber fait partie des plus dépressifs de ses romans, et ça semble lui avoir donné des ailes.

L’idée initiale est idéale pour mettre en valeur sa verve. Il fallait une bonne histoire pour donner tout l’intérêt à sa prose travaillée. On sent qu’il a mis du cœur à l’ouvrage et fignolé ses traits d’esprit. A l’image de ses dialogues particulièrement savoureux.

Misérabilisme (avec tendresse)

Il faut dire que le parterre de fleurs fanées que constitue cet immeuble mouroir avait de quoi titiller son imagination et son humour. Des personnages bien différentiés, souvent aigris (mais pas que), et où le misérabilisme côtoie une vraie tendresse. Entre celui qui a raté son existence et ceux qui l’ont derrière eux, la fin de vie naturelle ou provoquée est source de fantaisie pour l’auteur.

Et puis, chacun pourra rire (jaune parfois) de ces relations de voisinage. L’enfer c’est les autres (voisins).

Nick Gardel s’amuse dans ce roman choral, avec son style bien à lui, loin des modes et avec le bagou qui le caractérise. Et il est plutôt inspiré avec cette histoire-là. Ce serait donc dommage de laisser tomber et de ne pas vous y pencher, ça vous changera des polars habituels.

NB : à noter le réel effort de l’éditeur pour proposer ce roman en mi-format à un prix très abordable (12 €).

Date de sortie : 26 mars 2019

Éditeur : Caïman

Genre : Roman noir

4° de couverture

Antoine Spisser est obèse. Ça ne le définit pas, mais ça le décrit assez bien. Surtout quand il se retrouve en équilibre sur la rambarde d’un balcon à 15 mètres du sol. Mais ce qui l’a amené dans cette situation est une autre histoire. Et ce ne sont pas les copropriétaires de son petit immeuble qui vous diront le contraire. Enfin… Ceux qui sont encore en vie…



Catégories :Littérature

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3 réponses

  1. Un livre qui avec cette description titille l’intérêt!

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  2. Merci pour la chronique… et sur le petit mot concernant l’éditeur, ce n’est pas si souvent que ce « détail » est noté !

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  3. Salut Yvan, je l’ai presque fini et je dois dire que ce roman est une pépite d’humour sarcastique, d’autodérision qui me rappelle Thierry Jonquet et son Bal des débris. Vraiement excellent. Amitiés

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