Interview littéraire 2014 – Marie Van Moere

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2014-02-13 11.35.24-1-1-1-1-1Marie Van Moere a frappé un grand coup avec son premier roman, Petite Louve.

Un roman noir, dur dans son propos et étonnant par son traitement. Une plume qui marque, heurte, questionne et touche émotionnellement.

Une vraie réussite et une auteure qui a trouvé une vraie voix dès ce premier roman, court mais intense.

Un grand merci à Marie de nous dévoiler un peu de sa personnalité et de nous parler de son roman.

Ma chronique de Petite louve

Question rituelle pour démarrer mes entretiens, pouvez-vous vous définir en trois mots, juste trois ?

C’est difficile.

Qui êtes-vous, Marie Van Moere ?

Je suis née le 2 décembre 1977, à Pau. J’ai beaucoup voyagé avant de me fixer à Ajaccio. Ces nombreux déplacements ont fait de moi quelqu’un de réceptif, d’adaptable et de lointain. Et vous avez une réponse à la première question. Je reste marquée par mon enfance en Guyane Française.

Le thème abordé est un cauchemar pour tous les parents et la violence (psychologique et physique) est omniprésente. Comment ressort-on d’un tel récit en tant qu’écrivain ?

On en ressort assez bien. Ce que je veux dire c’est que pour PETITE LOUVE, le thème du viol est le point de départ du récit où l’intrigue sous-tend les actions des personnages.

Concernant, le climat de violence général, il est justifié par l’histoire elle-même. L’histoire est violente parce que je considère que dans l’acte de violence, dans la capacité, ou non, à le commettre se révèle le fond de l’âme humaine. Les cruautés physique et morale nous discernent pour partie du règne animal. C’est ce que m’intéresse et l’espoir ou la grâce sont mieux mis en lumière quand ils  nous apparaissent.

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Le livre est un vrai roman noir, tout autant qu’une vraie base de réflexion sur des sujets forts…

Je pense que tout un chacun peut se définir par ses choix et sa façon de les assumer ou non, que l’on soit en train de se goberger dans un restaurant de luxe ou la tête sur le billot.

Le jour ou vous devez prendre une décision dans un moment fort, il y a mille fois possibilité de se tromper et une seule bonne décision à prendre, la sienne, si cette dernière n’est pas contre-nature.

Les relations sont au centre de votre roman (mère-fille, mais aussi relations familiales au sens large)…

La cellule familiale est le premier cercle expérimental des relations sociales, en plus du lieu de l’apprentissage du rapport intime à l’autre. Passer tout ça au tamis pour examiner ce qu’il reste après les secousses est fascinant. Ce matériau ne s’épuisera qu’avec le dernier humain, si les livres disparaissent avec lui.

Le titre du roman est bien trouvé, on a l’impression de toucher à ce qu’il y a de plus animal en nous…

L’animal totem est comme cette frontière personnelle que l’on passe pour sortir des entraves sociales.

Le titre PETITE LOUVE a été trouvé à partir du roman lui-même par François Thomazeau, Patrick Coulomb et Michel Martin-Rolland de L’Ecailler.

Outre la relation mère-fille qui est au centre du récit, vous vouliez également mettre en avant la communauté des gitans ?

Ce n’est pas tant la communauté gitane qu’une famille gitane sédentarisée et assez isolée dont il est question dans PETITE LOUVE.

Les Vorstein ne vivent pas dans le quartier dit gitan de Marseille. Ils évoluent dans le milieu du grand banditisme, mais outre leurs activités professionnelles, semblent former une famille comme toutes les autres, c’est-à-dire avec une façade et un monde très sombre dissimulé dans les sous-sols bien réels de la maison ou dans l’intimité des relations familiales.

Et cette fin… Quelle fin ! Sans rien en dévoiler, saviez-vous dès le départ vers où allait vous mener cette histoire ?

Dans les grandes lignes, je savais que tout irait de mal en pis, ou presque. Cela dit, l’écriture noue et dénoue les liens entre les personnages, entre les personnages et l’auteur, donc, non, d’avance je ne savais pas exactement qui finirait raide ou bien vivant.

Vous avez une écriture bien à vous. Comment la travaillez-vous ? A l’instinct ou en réarrangeant chaque phrase ?

L’instinct n’est rien sans le travail et tout dépend de ce que l’on souhaite faire de sa capacité à écrire.

Avec PETITE LOUVE, il était très important pour moi de raconter une histoire qui se tienne et, en cela, les personnages de chair et de sang sont capitaux. Mais écrire un roman ne revient pas uniquement à s’appuyer sur une intrigue, et encore moins sur une intrigue avec un début et une fin bien définis. L’écriture est l’outil fondamental du conteur. Alors, oui, je travaille mon écriture à l’instinct.

Ce blog est fait de mots et de sons. La musique prend-elle une part dans votre processus créatif ?

Non. J’écoute beaucoup de musique mais pas quand je travaille. La musique prend sa place après le processus créatif, ou pour me réveiller au moment d’une pause avec un café et une cigarette.

Vous avez le choix entre nous donner le mot de la fin ou votre dessert préféré…

Je ne suis pas très dessert.

Merci.



Catégories :Interviews littéraires

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29 réponses

  1. Happée par cette « Petite Louve » lue d’une traite, je souhaitais mettre un visage et découvrir son auteure ! Merci Yvan de m’avoir ouvert cette petite porte ! J’avais cherché sur FB une page de Marie sans succès ! Ce livre m’a interpellé d’une force ! Peut être je ne devrais pas le dire mais j’ai admiré cette femme qui va au bout de « tout » ! Merci à Marie, je suis en mode « attente du prochain » ! Comme Marie me semble elle-même une « petite louve » je pense qu’il ne faut pas espérer la rencontrer sur un salon ? Ou en Corse ? Bref J’ai adoré !

  2. Un personnage tout en réserve. Belle interview mon ami 🙂

  3. Putain d’entrevue cher Yvan. Quelle tempérament, whoua.
    Merci de nous dévoiler un peu cette auteure qui a su nous bouleverser avec son premier roman.

  4. Nondidjoû ! Déjà que j’avais « oublié » de lire cet interview, mais en plus, maintenant que c’est lu, ça me donne deux fois plus envie de lire ce roman !! Tu m’énerves, Yvan !!! 👿

    Non, je dis rien, je le note ! Un roman noir, c’est de la nourriture qui convient à mon cannibalisme littéraire 😉

    Mais qui arrêtera Yvan dans ses super chroniques, hein ?? Rien ni personne… 😉

  5. C’est fini les promesses vous 2 !! Moi aussi je viendrais la boire ma bière belge na !!!

Rétroliens

  1. Petite louve – Marie Van Moere | EmOtionS – Blog littéraire et musical
  2. Récapitulatif des interviews – Janvier / Mars 2014 | EmOtionS – Blog littéraire et musical
  3. Récapitulatif des interviews 2014 | EmOtionS – Blog littéraire et musical
  4. Récapitulatif des interviews – Janvier / Mars 2014 – EmOtionS – Blog littéraire et musical

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