Karine Giebel – Purgatoire des innocents

97822650978414° de couverture

Raphaël a passé des années en prison pour vols à main armée puis pour récidive. Pendant son absence, sa mère est morte de chagrin tandis que son jeune frère William prenait le même chemin que lui. Raphaël, à sa libération, entraîne celui-ci dans leur premier braquage en commun, une bijouterie de la place Vendôme, avec la complicité d’un jeune couple. L’affaire tourne mal, un policier et une passante sont tués, et William est grièvement blessé. Leur cavale devient pour Raphaël une véritable course contre la montre : il faut sauver son frère.

Les quatre fuyards atterrissent à quelques heures de Paris, et trouvent le numéro d’une vétérinaire, Sandra, qu’ils prennent en otage chez elle, dans sa ferme isolée, et forcent à soigner William. Sa vie contre celle du braqueur. C’est dans cet état d’esprit que Sandra doit opérer dans son salon, sans trembler, elle qui n’est pas chirurgienne.

Mais les jours passent et William n’est toujours pas en état de reprendre la route. Et lorsque le mari de Sandra prévient sa femme de son retour, tous attendent. Les uns de le prendre également en otage et Sandra d’être sauvée… ou peut-être autre chose… Car ce que Raphaël ignore, c’est qu’ils sont dans la demeure du diable.

Mon avis

Vous aviez trouvé Meurtres pour rédemption violent ? Bienvenue en enfer.

Vous aviez trouvé Juste une ombre psychologiquement éprouvant ? Bienvenue en enfer.

Karine Giebel nous a préparé un sacré breuvage, une mixture détonante combinant le meilleur de ce qu’elle nous proposait lors de ses deux romans cités plus haut.

Sur près de 600 pages, l’auteure nous plonge dans un récit d’une violence inouïe. Apprêtez-vous à avaler goulûment cette histoire ; vos sentiments seront plongés dans un mélange d’horreur et de fascination. Une explosion de goûts en bouche : amers, acides, sucrés-salés.

Giebel est une auteure assez unique en son genre, et elle n’a pas son pareil pour concocter un nectar qui distille son fiel par tous vos pores, avec une telle rudesse qu’il n’est pas possible d’en ressortir autrement que groggy.

Le roman débute de manière somme toute assez classique, d’aucuns pourraient même croire (après 100 pages lues) que c’est une histoire banale parmi tant d’autres.

Les Giebelmaniaques (dont je fais partie) se douteront très vite que les choses vont déraper. Et pour déraper, elles dérapent ! État d’ivresse assuré, la tête qui tourne pour tout lecteur qui se plongera dans ce bouquin.

Je ne dirai pas un mot sur l’intrigue. Vous pouvez me torturer, je ne dirai rien (demandez conseil à Karine Giebel, elle a une imagination infinie en matière de torture). Ce serait vous gâcher la multitude de saveurs qui vous attendent durant votre lecture. Tout juste puis-je concéder qu’il est question de séquestration et donc de torture.

Un mot sur les personnages ; des personnages ambivalents, une plongée dans la noirceur de l’âme humaine, même si certains découvriront un peu de lumière dans leur part d’ombre au fur et à mesure du récit. Des personnages qui, pour certains, boiront le calice jusqu’à la lie.

Giebel a élevé au niveau d’un art sa capacité à nous faire entrer en empathie avec (certains) personnages en marge de la loi. Étonnante capacité.

Au final, un roman éprouvant, douloureux mais profondément vivant, à ne sans doute pas mettre à la portée de tous les estomacs et avec (il faut le souligner) une fin émotionnellement forte.

Sortie le 07 mai 2013

Publication française : 2013

Originalité de l’intrigue : ♥♥♥♥

Profondeur de l’histoire : ♥♥♥♥

Qualité de l’écriture : ♥♥♥♥

Émotion : ♥♥♥♥

Note générale : ♥♥♥



Catégories :Littérature

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41 réponses

  1. De un je t’envie d »avoir eu le livre en prime et de deux sans rien dire tu nous incite à lire très vite ce livre… merci à toi

  2. J’ai lu « Meurtres pour rédemption » qui m’avait assommé. Alors, avec le « Purgatoire des innocents », je risque la syncope, ou pire, le coma! Tant pis, je suis prêt à prendre ce risque, et par conséquent,de meubler encore davantage mes placards…

  3. Je viens de le finir..en larmes!!!! Un peu l’impression qu’une bombe vient d’exploser à l’intérieur de mon corps! Ton excellent article reflète très bien ce que j’ai ressenti!!! T’es trop fort!!!!

  4. Merci pour cette belle chronique … A mon tour bientôt de ressentir toutes ces émotions !

  5. Je suis fébrile rien qu’à lire le résumé alors tu parles que ça promet ! 😉

  6. cela me rend de plus en plus impatiente!!!! je me sens déjà fébrile!!:)

  7. grrrr, t’as réussi à me donner envie de lire du Giebel… je me croyais pourtant guérie !

  8. Exactement le même ressenti sauf que pour moi ce fut une découverte car cette auteure m’était inconnue. (comme je le disais je lis très peu de thrillers)
    J’espère réussir un jour à exprimer aussi bien et aussi clairement mes avis !! 🙂
    Merci pour ce partage.
    Amitiés
    Lilly

  9. J’aime beaucoup ta façon d’écrire et je suis fortement interpellée car j’ai 2 livres de K Giebel et ce sont ceux dont tu parles. Puis je lis que celui-ci est encore plus, plus … Alors waouh, je suis très curieuse, je me réjouis tout en se demandant comment je serai à la fin du livre. Je te dirai mon ressenti mais en tout cas, tes émotions m’intriguent et me poussent de lire davantage.
    Merci Yvan, je découvre un blog bien intéressant et un « chroniqueur » très doué pour la plume, pour relater sans trop dire et surtout, donner l’envie de partager ses lectures. 🙂

    • merci beaucoup je suis très touché par ton message !
      Oui j’ai pour habitude de ne rien raconter des histoires et de ne parler que de mon ressenti.
      Très curieux d’avoir ton avis sur ce bouquin, on pourra en discuter avec grand plaisir !

      • Avec plaisir, je te tiendrai au courant. J’apprécie beaucoup les personnes qui ont une jolie plume avec le ressenti. Vis une belle soirée.

        • merci, bonne lecture à toi 😉

          • Et bien voilà cher gruz, je l’ai fini.
            Un livre percutant ! Incroyable ! Ca te prend dans les « tripes » puis ça te fait pleurer. Une histoire, des mots, des faits, un frère qui a fait plus que toucher ma grande sensibilité. Karine Giebel a su me donner des émotions fortes au plus profond de moi. Merci à elle et merci aux amis lecteurs pour leur avis, leur chronique qui vous donnent l’envie de lire…
            Un livre que je n’oublierai pas ! 😉

            • Un tel roman ne laisse pas indifférent, il fait passer par toutes les couleurs de l’arc en ciel, le noir en plus. Bon retour de cet enfer et merci pour ton message 🙂 amicalement

          • Un petit rapport avec la couverture, une association avec une lecture que j’ai adoré.
            La roue de la vie
            … L’aigle (les dernières années)
            L’aigle adore s’élever très haut au-dessus du monde, nns pas pour observer les gens avec dédain, mais pour les encourager à regarder vers le ciel. Elisabeth Kubbler Ross

    • Que vois-je??? Ma tite Bichette d’amour ici….ahahaha!! Fais attention Yvan est le plus grand tentateur de tous les temps…il va vider ton compte en un claquement de chronique!!!! Je rigole..trop contente de te voir ici…tu vas être comblée par ses lectures et par son talent!!!! Attention aussi…ici on doit se tenir correctement…il y a des gens hein!!!!

  10. Superbe chronique ! J’adore ta façon d’écrire sans rien dévoiler du bouquin !
    Je suis actuellement en pleine lecture de « Purgatoire des innocents » (presque à la moitié) et j’en suis déjà toute retournée ! Si ça ne tenais qu’à moi, je pense que je le lirais d’une seule traite ! Malheureusement, il faut travailler ! Mais les personnages viennent me hanter jusqu’au boulot, dans chaque minute de mon quotidien. Difficile de résister et de ne pas s’y replonger !

    • Merci beaucoup 😉
      C’est effectivement ce que j’essaye toujours de faire, donner envie sans rien dévoiler.
      Encore récemment, une de mes lectures a été gâchée parce que j’ai lu un avis qui racontait un fait important du livre. Très énervant…
      Oui je comprends ces personnages qui te hantent la journée, surtout avec une lecture pareille 😉

  11. une grosse claque pour ma part! c’est dur, mais magistral!

  12. Tout comme « Meurtes pour rédemption », « Purgatoire des innocents » reste noir, noir noir… Karine Giebel est exceptionnelle, elle manie les mots comme une arme. J’adore cet auteur.

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