Interview littéraire 2013 – Caryl Férey

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Caryl Ferey est unique.

Ses romans sont d’une puissance émotionnelle et d’une violence sans égale. Plongez dans un roman de Ferey et vous n’en ressortirez pas indemne.

Il vous touchera en plein cœur, vous remuera les tripes comme personne d’autre et vous fera réfléchir sur le monde.

Ne passez pas à coté du petit dernier, Mapuche. Ne passez pas à coté de Haka, Utu, et Zulu (vous pouvez retrouver mes chroniques de ses livres sur mon blog).

Merci à Caryl de m’avoir accordé cet entretien, suite à notre contact aux Quais du Polar 2013 de Lyon, malgré un planning totalement surchargé. Un entretien court, mais plein de sens.

L’entretien :

1. Pouvez-vous vous définir en trois mots, juste trois ?

Energie, vitalité, travail.

2. Je qualifierais vos romans de polars militants, ce terme vous convient-il ?

Militant induit une idéologie. Etre « de gauche » est pour moi une façon de vivre (pas à la Cahuzac, hein). 

3. Vos romans demandent pas mal de travail de recherche, comment se déroule ce processus ? Préalablement ou parallèlement à l’écriture ?

D’abord un an de recherches, documentation et voyages, puis deux à trois ans d’écriture, avec un autre voyage à mi parcours.

4. Vos romans se caractérisent par la force de leurs histoires et par une vraie poésie dans l’écriture. Travaillez-vous à trouver un équilibre entre les deux pour atténuer ou renforcer le récit, ou est-ce juste un processus naturel ?

C’est tout sauf naturel. Au contraire, beaucoup beaucoup de temps à passer et repasser sur les mêmes phrases jusqu’à ce qu’elles ressemblent à quelque chose. Mais je sais où je veux aller, ne pas me contenter – jamais me contenter…

5. Vos pérégrinations, dans les pays où se déroulent vos romans, sont aussi des histoires de rencontres. Rencontre des Grands-Mères par exemple pour Mapuche…

Oui, c’est le sel et la sueur de mes voyages. Les rencontres donnent la chair, le sang, tout.

6. Des adaptations cinématographiques sont prévues pour certains de vos romans, pouvez-vous nous dire où en sont ces projets ?

« Zulu » sort en novembre (je crois que ça va être pas mal du tout, avec les acteurs je suis gâté) et je suis en train d’écrire le scénario de Mapuche, toujours pour le cinéma.

 (Note : Orlando Bloom et Forest Whitaker, excusez du peu !)

7. A quoi doit-on s’attendre pour votre prochain projet, quel pays « l’agence de voyage » Ferey nous fera t-elle visiter ?

Un livre bien plombé – je retourne au Chili, moins riant que l’Argentine…

8. Dans le cadre de Quais du Polar 2013 (salon du polar de Lyon), vous êtes allé à la rencontre des détenus de la maison d’arrêt de Corbas. Pouvez-vous nous parler de cette expérience ?

Si on peut donner un peu d’air frais à cet univers confiné, cela justifie notre présence. C’était le cas, je crois.

9. Ce blog est fait de mots et de sons.  La musique et le rock font partie intégrante de certains de vos romans (comme l’hommage appuyé aux Clash). Quelle part prend la musique dans votre processus créatif ?

J’écoute de la musique (violente) tout le temps (très fort) ; ça me donne le rythme.

10. Le mot de la fin ?

Ecrire est un métier de frustration : quand on voit le temps qu’il faut avant de réussir quelque chose. Les mots de Joe Strummer : « n’abandonne jamais! »  



Catégories :Interviews littéraires, Littérature

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19 réponses

  1. Vraiment un auteur fantastique, aussi bien l’écrivain que l’homme apparemment !

  2. Un entretien formidable … tu as la classe Yvan, il n’y a pas à dire ! Je suis fan de ce que tu fais, vraiment !!!! Bravo … J’ai acheté Mapuche sur le salon ce week-end. Je reviendrai t’en parler bien évidemment … Amitiés.

  3. Tudieu ! Tu l’as interviewé ??? Mais j’en connais qui vont en pâlir de jalousie, moi ! J’adore l’agence de voyage de Férey, elle nous emmène toujours à la rencontre du bucolique, des papillons, des petites fleurs,

    Pardon ? C’est pas le même Férey ? Léo ? On vient au galop ! Et pour les livres de Caryl, c’est au triple galop.

    Je dois encore lire « Mapuche » et « Zulu » mais j’attends d’avoir le courage pour les ouvrir. En prime, j’ai acheté « la griffe du chien » de Winslow (enfin, j’ai réussi à la trouver !). Argh, ma PAL monte plus vite que la dette du pays !

    En tout cas, super ce petit interview et encore plus super ces auteurs accessibles !

    • Oui super accessible ! Il m’avait prévenu qu’il était débordé , mais qu’il trouverait quelques minutes. Il l’a fait de suite.
      Avec Zulu attend toi à une descente aux enfers. Indispensable, tout comme Mapuche
      Je savais pas que tu faisais du cheval 😉

      • Si, j’ai deux juments dont je prend un malin plaisir à menacer de transformer en lazagne si elles m’emmerdent trop, les biques !

        C’est bien des auteurs accessibles et qui n’ont pas le gros coup, parce que, au final, c’est grâce à nous qu’ils vendent des livres, surtout nos critiques dithyrambiques.

        Pourquoi ? Haka et Utu étaient moins « descente aux enfers » ?? Et bien, ça promet de grands instants de frissons de dégoût !

        • oui les autres c’était juste un amuse bouche 😉
          A l’entendre le prochain va être pire.
          C’est ptet une histoire de chevaux chiliens massacrés pour faire des burritos

          • Waw ! l’avantage de la viande de cheval, c’est que même une vieille carne est mangeable et tendre, ce qui n’est pas le cas avec le boeuf, pardon, la vieille vache.

            Non, pire : des chevaux qui massacrent des humains pour les transformer en tappas et burritos ! Mais vu qu’ils aiment manger sainement, les chevaux ne tueraient que les végétariens…

            Après les burritos, voilà l’ère des bourricosss !

            • ahah, tu confirmes ce que je disais, en matière d’humour, les belges ont une longueur d’avance. Je m’incline

              • Merci. Je ne mange pas de cheval mais je suis comme tout le monde : y’en a marre des blogs « contre l’hippophagie » écrit avec la police de caractère satanique : comic sans MS et plein de trucs qui scintillent partout et des fôtes dortografff à tous les mots.

                Elles me donnent envie de bouffer mes propres chevaux !

  4. J’ai aussi rencontré Caryl Férey mais pas assez longtemps pour en faire une chronique. Mais quand même une chouette photo et une dédicace sympa. Pour ma part j’ai adoré « Zulu », mais pas encore lu « Mapuche » ! Ton blog est très sympa !
    A bientôt

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